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États-Unis

Obama veut agir le plus vite possible

Mis en ligne le 26/01/2009

Le Président exhorte Républicains et Démocrates à approuver rapidement son plan de relance. Mais les Républicains freinent, soulignant l’énorme déficit public des Etats-Unis. Et d’autres estiment que l’argent n’arrivera qu’en 2010.

Encore privé de son secrétaire au Trésor, le nouveau président américain Barack Obama a confirmé ce weekend son intention d’agir vite sur le front économique, alors que la crise semble gagner en intensité et que plusieurs grandes banques du pays vacillent au bord de l’abime.

Choisi par M. Obama pour succéder à Henry Paulson à la tête du Trésor, Timothy Geithner a vu son processus de confirmation par le Sénat ralenti après des révélations sur ses revenus non déclarés au fisc il y a quelques années, avant de régulariser sa situation. Estimant que la situation économique dramatique du pays imposait de ne pas retarder davantage sa nomination, la commission sénatoriale chargée d’évaluer M. Geithner l’a finalement blanchi jeudi, et sa nomination doit être soumise au vote de l’ensemble des sénateurs ce lundi après-midi.

M. Obama, qui a demandé à ses conseillers économiques de lui rendre compte chaque jour de la situation, a réuni vendredi les dirigeants républicains et démocrates du Congrès pour les exhorter à adopter rapidement le plan de relance de 825 milliards de dollars. Ce plan prévoit de consacrer 550 milliards à des dépenses d’investissements et 275 milliards à des réductions d’impôts. Il souhaite pouvoir le promulguer avant la mi-février.

L’espoir d’une adoption rapide de ce plan a cependant été fortement tempéré après que le Bureau du budget du Congrès (CBO) eut estimé dans la semaine que la moitié seulement des dépenses prévues dans ce plan seraient effectivement engagées en 2009 et 2010, et plutôt la seconde année. Les Républicains ont présenté un contre-projet, jugeant que la facture était trop lourde, au moment où le CBO pronostique un déficit budgétaire gigantesque de 1200 milliards de dollars pour l’exercice en cours.

Pour Alec Phillips, économiste de Goldman Sachs, toute la question est de savoir si l’argent arrivera "suffisamment tôt". Selon lui, le plan en discussion ressemble à un fourretout de programmes aux buts aussi divers que l’efficacité énergétique et l’aide au secteur de la santé. Mais "le résultat est que certains de ces programmes prendront plusieurs mois, si ce n’est plus d’un an avant que les fonds ne soient déboursés". Or tout le monde convient que l’économie américaine a besoin d’une injection rapide de nouvelles liquidités.

Les banques "à la limite"

Malmenées en Bourse, les banques américaines paraissent encore extrêmement fragilisées malgré les quelque 230 milliards de dollars injectés dans leurs bilans par l’Etat depuis l’automne. L’économiste Nouriel Roubini, l’un des premiers à avoir prédit la crise, a estimé que celle-ci couterait 3600 milliards de dollars aux banques de la planète. La moitié de cette facture reviendra aux seules banques américaines, qu’il juge à la "limite de l’insolvabilité". (AFP)

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