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Venezuela

Chavez fête ses 10 ans de pouvoir

AFP

Mis en ligne le 31/01/2009

Aujourd'hui, le pouvoir exécutif contrôle l'Assemblée nationale dont les députés seront renouvelés en 2010 et la majorité des gouvernements des principales villes et Etats du pays même si lors des dernières élections régionales de 2008 l'opposition est parvenue à de significatives victoires territoriales.

Le président du Venezuela Hugo Chavez, qui fête le 2 février ses dix ans d'un pouvoir qu'il a occupé en "soldat de la révolution", est désormais concentré sur la bataille référendaire en faveur de l'amendement constitutionnel qui l'autoriserait à briguer un troisième mandat.

"Je jure devant Dieu, devant la patrie, devant le peuple que (...) j'impulserai les réformes nécessaires pour élaborer une Constitution adaptée aux temps nouveaux", avait ainsi prêté serment M. Chavez lors de sa première investiture le 2 février 1999.

Depuis, dix années ont passé et le chef de l'Etat espère à présent amender la Constitution modifiée alors comme promis cette même année 1999. L'enjeu de l'amendement constitutionnel voulu par M. Chavez vise cette fois le renouvèlement illimité des mandats électifs qui lui permettrait de briguer un troisième mandat à compter de 2012.

Approuvé par le parlement du Venezuela à la mi-janvier, le texte n'attend plus que la réponse populaire sollicitée par référendums le 15 février prochain, dont l'issue est cruciale pour l'avenir politique de M. Chavez et de sa révolution bolivarienne. Selon l'ancien recteur de l'Université centrale du Venezuela, Luis Fuenmayor Toro, Chavez "n'est pas indispensable au pays sauf pour vaincre une opposition unie".

"Il y a eu des erreurs et quelque inefficacité ces dix dernières années, a-t-il estimé, mais aussi des changements positifs pour le pays sur lesquels on ne doit pas revenir", comme le retour des secteurs stratégiques dans le giron de l'Etat, les travaux d'infrastrutures du gouvernement, les programmes sociaux, l'augmentation de la participation citoyenne ou encore le fait que le peuple soit "moins manipulable".

Selon les derniers sondages, le Venezuela est clairement scindé en deux camps politiques. L'institut Datanálisis prévoit que le "Oui" en faveur de l'amendement recueillera 51,5% des suffrages, et 48,1% de "non".

Dans sa campagne électorale, le gouvernement martèle que "sans Chavez tout est perdu", les écoles publiques, la santé gratuite, la paix sociale seraient menacées. De son côté, l'opposition estime que cet amendement constitutionnel mettrait un terme au principe de l'alternance politique d'autant que la proposition de réforme avait déjà été faite et rejetée par référendum en 2007.

"Ceux qui veulent aller par une voie directe vers la violence, l'ingouvernabilité et le chaos doivent voter "non". Ceux qui veulent la paix, le développement humain et économique, que le Venezuela se transforme en puissance sont avec Chavez", souligne le président lui-même.

Pour sa part, le général Raul Isaias Baduel, ex-compagnon d'armes du chef de l'Etat, a estimé à l'occasion d'une récente interview que M. Chavez persistait à favoriser son "ambition personnelle" de président à vie et "dédaignait la volonté de la majorité du peuple qui dit non". Les détracteurs de M. Chavez se plaignent en outre de la concentration des pouvoirs entre ses mains et de la transformation des institutions publiques en marionnettes du gouvernement.

Aujourd'hui, le pouvoir exécutif contrôle l'Assemblée nationale dont les députés seront renouvelés en 2010 et la majorité des gouvernements des principales villes et Etats du pays même si lors des dernières élections régionales de 2008 l'opposition est parvenue à de significatives victoires territoriales.

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