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Institutions internationales
Une élection polémique
M.M. (st.)
Mis en ligne le 08/09/2009
Au moment où il faut se mobiliser contre les forces de la régression et de l’enfermement communautaire, partout à l’œuvre, le choix d’un Arabe, d’un musulman, d’un Egyptien serait, au-delà de ma personne, un formidable message d’espoir".
C’est en ces termes que s’est défendu le candidat égyptien au poste de directeur général de l’Unesco, Farouk Hosni. Cette semaine, le Conseil exécutif de l’Unesco est réuni à Paris pour désigner sa nouvelle direction. Et M. Hosni, ministre de la culture en son pays depuis vingt ans, fait figure de favori devant les huit autres candidats. Il est même donné gagnant sur sa principale concurrente, la commissaire européenne aux Affaires extérieures, l’Autrichienne Benita Ferrero-Waldner. Son élection à la tête de l’Unesco parait donc certaine.
Cette élection suscite pourtant un flot d’oppositions, liées à son prétendu antisémitisme. C’est que, par le passé, Farouk Hosni a déjà fait preuve d’attitudes tendancieuses à l’égard des Israéliens. En 2008, par exemple, il déclarait qu’il "brulerait lui-même" les livres israéliens présents dans les bibliothèques égyptiennes. Les réactions ont fusé. Le juif Elie Wiesel, Prix Nobel de la Paix, a condamné ces actes dans "Le Monde", en mai dernier. Elie Wiesel et d’autres intellectuels français dénoncent également certains propos de Farouk Hosni, dont ceux qui auraient été publiés en 2001, dans un journal égyptien.
Des propos qui soulignaient alors "l’infiltration des juifs dans les médias internationaux", et que le ministre de la culture affirme "regretter".
Aux Etats-Unis, c’est la revue "Foreign Policy" qui s’est indignée de la possible élection du candidat égyptien. En France, les autorités semblent néanmoins privilégier la position neutre. La présidence française soutiendrait même Farouk Hosni : "L’Egypte est un grand facteur de paix dans cette région du monde et on est bien content de l’avoir". Les Etats-Unis, également, seraient plutôt favorable à son élection.
Le candidat devrait sa place de favori à son statut de musulman. L’Unesco, dont la mission première est la protection du patrimoine culturel mondial, fonctionne en effet sur le principe de l’ouverture à toutes les origines culturelles.
La direction de l’Unesco change tous les quatre ans. Elle est désignée par un conseil exécutif de 58 membres. C’est en octobre que la direction actuelle, occupée par le Japonais Kïchiro Matsuura, sera remplacée. Après l’Asie, il semblerait logique de choisir un directeur de culture africaine et musulmane.
Parmi les autres postulants, outre l’Autrichienne Benita Ferrero-Walder, on trouve également Alexandre Iokavenko, vice-ministre russe des Affaires étrangères, et Ivonne Baki, ex-ambassadrice de l’Equateur à Washington. Depuis hier et jusqu’au 23 septembre, le conseil exécutif procède à des entretiens avec les différents candidats. A noter que Farouk Hosni obtiendrait déjà 32 des 58 voix du Conseil. Une belle avance, ne serait cette polémique.
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