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berlin, 20 ans après
Merkel : parachever l’unité allemande
Marcel Linden
Mis en ligne le 10/11/2009
Célébrant la chute du Mur, la chancelière Angela Merkel a invité ses compatriotes à parachever l’unité allemande. "L’unification n’est pas encore accomplie. Il y a encore plein de choses à faire. Nous devons continuer à être courageux et égaliser les conditions de vie à l’Est et à l’Ouest", a-t-elle déclaré hier à la télé allemande. Cela ne se fera pas sans sacrifices.
La chancelière originaire d’Allemagne de l’Est, qui dirige le pays depuis 2005, a rappelé que l’impôt de solidarité, introduit en 1990 en faveur de la reconstruction de l’ex-RDA et peu aimé à l’Ouest, continuerait à être prélevé comme prévu jusqu’en 2019 dans les deux parties de l’Allemagne. Comme preuve que la vie reste plus dure à l’Est, elle a avancé le chômage, qui y est toujours deux fois plus élevé qu’à l’Ouest. Madame Merkel, qui préfère normalement maitriser ses émotions, a trouvé des termes presque emphatiques pour célébrer le 9 novembre 1989, "la journée la plus heureuse de l’histoire récente allemande".
A l’époque "nous avons constaté que l’impossible peut être possible", a-t-elle lancé hier devant un parterre de scientifiques. Face à ses pairs, la sobre physicienne a trouvé une explication quasi "scientifique" pour l’effondrement de la RDA communiste.
Elle a concédé que le courage du peuple est-allemand a conduit à la chute du Mur, mais elle a remarqué que ceux qui avaient organisé le soulèvement brutalement réprimé de 1953 à Berlin-Est avaient également été courageux. Pour la chancelière, la différence entre 1953 et 1989 a été le progrès scientifique. Au cours des années 80, seules les innovations techniques pouvaient garantir un certain bien-être de la population, a-t-elle poursuivi. Pour s’approcher du niveau technologique occidental, le régime communiste dut former des spécialistes intelligents, qui ne cessèrent pas de penser en quittant leur lieu de travail à 17 h 30. Et de conclure que la liberté de penser, qui a été à la base de la suprématie économique du monde occidental, a fini par balayer le Mur Cependant, tous les Allemands n’ont pas envie de pavoiser. 13 % de ceux vivant à l’Est et 12 % de ceux vivant à l’Ouest souhaiteraient ériger un nouveau Mur, signale un sondage publié par le journal est-allemand "Leipziger Volkszeitung". Cette opinion est très minoritaire, puisque 80 % des habitants de l’Est et 79 % des habitants de l’Ouest voient dans la chute du Mur un "coup de chance de l’histoire allemande". Le nombre de ceux qui trouvent que frères et sœurs allemands sont toujours étrangers les uns aux autres atteint encore 25 % à l’Est et 28 % à l’Ouest. L’unité des cœurs n’est pas encore chose faite.
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