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Iran
Téhéran accélère le pas nucléaire
Ch.Ly.
Mis en ligne le 09/02/2010
L’Iran, qui ambitionne de devenir une puissance militaire et nucléaire selon les Occidentaux, ce que Téhéran dément, n’a pas fini de donner des migraines aux diplomates. Elle annonce pour ce mardi l’enrichissement d’uranium à 20 % sur son site de Natanz, une nouvelle étape vers la transformation de l’énergie nucléaire à des fins militaires, et promet la construction de dix nouveaux centres d’enrichissement d’ici à 2011.
L’uranium enrichi doit atteindre le palier des 92 % pour entrer dans la composition d’une bombe atomique. Les Occidentaux et la Russie sont convaincus que Téhéran cherche à forcer la porte des puissances nucléaires mais l’Iran affirme que son seul but est de produire de l’électricité dans la foulée d’un programme nucléaire civil entamé dans les années 50 par le Shah d’Iran.
"Mon sentiment est que Téhéran cherche une nouvelle fois à gagner du temps. Les Iraniens n’ont toujours pas répondu à l’offre des Six d’octobre dernier", souligne un diplomate. En octobre, les Six et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avaient proposé que Téhéran fasse enrichir en France et en Russie 70 % de son stock d’uranium pour qu’il soit transformé en combustible enrichi à 20 % pour un centre médical à Téhéran. L’Iran a cherché à négocier, et argüe maintenant de la lenteur des pourparlers pour entamer elle-même le processus sur son territoire. "Nous commencerons nous-mêmes", avait promis le président iranien Mahmoud Ahmadinejad si aucun accord n’était atteint avec les grandes puissances.
Nul doute que le nouveau défi lancé par le Président iranien n’est pas étranger aux négociations qui ont commencé entre les Six (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, Allemagne) pour imposer de nouvelles sanctions au régime de Téhéran. La France préside le Conseil de sécurité, et elle a jusqu’à la fin février pour convaincre les 15 membres de la nécessité de sanctionner dès maintenant l’Iran dans sa course au nucléaire.
Si la Russie appuie fermement les Occidentaux, la Chine reste hostile à des sanctions et pourrait entrainer d’autres pays membres du Conseil de sécurité dans son sillage. " Nous n’avons pas encore convaincu les Chinois", a reconnu hier le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. "Le travail a commencé à New York [ ] Il y a une liste de sanctions américaines, une liste de sanctions européennes, il faut comparer les efficacités, savoir ce qu’on veut. Est-ce que nous pouvons impunément prendre des sanctions qui menaceraient le peuple iranien, mon avis est non", a ajouté M. Kouchner.
Eviter que les populations deviennent la cible des sanctions internationales est devenu le casse-tête des diplomates, d’autant plus en Iran où le pouvoir du président Ahmadinejad est de plus en plus contesté. Le très populiste leader iranien est vu comme un obstacle à toute négociation avec les grandes puissances dans la mesure où il a bâti sa popularité intérieure sur son opposition aux grandes puissances. "Négocier avec les Américains serait perdre la face", juge le diplomate.
L’Iran craint évidemment une intervention aérienne contre ses sites nucléaires. Voilà pourquoi elle multiplie les effets d’annonce dans le domaine militaire avant, ce jeudi, le 31e anniversaire de sa révolution islamique. Lundi, elle a promis "pour bientôt" un système antimissile équivalent ou supérieur au S-300 russe dont Moscou a gelé la livraison à Téhéran.
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