Abonnez-vous a La Libre Belgique

France/Belgique

Guy Verhofstadt étrille Eric Besson

Bernard Delattre

Mis en ligne le 12/02/2010

L’ex-Premier ministre tire à boulets rouges sur le débat identitaire français.
Correspondant permanent à Paris

Ces lignes, la socialiste Martine Aubry, voire le trotskiste Olivier Besancenot auraient pu les écrire. Mais elles sont de la plume d’un libéral et d’un Belge, ex-Premier ministre de surcroit. Dans une tribune publiée par "Le Monde" jeudi soir, Guy Verhofstadt s’est livré à une charge contre le débat français, "raté", sur l’identité nationale.

Pour Guy Verhofstadt, "il y a décidément quelque chose de pourri en République française". Qui, en ce moment, "est source d’accablement pour ses amis, qui la voient se perdre dans une polémique stérile", ayant "remis les thématiques d’extrême droite au premier plan". L’ex-Premier ministre fustige à la fois "l’opportunité politicienne de ce débat, sa conduite hésitante et ses finalités floues". Autant de facteurs qui, à ses yeux, "donnent l’impression désastreuse que la France a peur d’elle-même" en conduisant de la sorte ce débat identitaire.

"Ces discussions de sous-préfecture et le site (Internet) dédié (à ce débat) sont devenus un défouloir au remugle vichyste", ose même Guy Verhofstadt. Pour qui "l’absurde le dispute au grotesque" quand on en vient à disserter sur l’apprentissage de "La Marseillaise" à l’école. Après Vichy, deuxième évocation historique retentissante : Guy Verhofstadt rappelle la "France maurrassienne, chauvine, qui ne s’est pas illustrée au mieux lors des grands chocs nationalistes du XXe siècle". France qu’il oppose à "la France qu’on aime et dont on a besoin", dont "on attend des idées, des projets, et non le repli identitaire". Et de juger que les gouvernants français "seraient bien inspirés (de) prendre conscience (que c’est) un peuple confiant (qui) trouvera sa place dans l’Europe et le monde". Et non une "vieille nation frileuse, plus occupée à ressasser les échecs du passé qu’à préparer ses succès de demain".

Une tribune au ton d’une vivacité peu diplomatique, donc. Guy Verhofstadt l’a publiée en son nom propre, nous précisait jeudi son entourage. Selon qui, toutefois, l’ensemble du groupe libéral au Parlement européen, présidé par le Belge, juge comme lui que ce débat hexagonal est "un débat du XIXe siècle", qui "n’a pas de sens" dans l’Europe d’aujourd’hui. Si ce texte n’a été publié que maintenant, alors que le débat incriminé a débuté en novembre, c’est parce que, rédigé "pendant les vacances de Noël", il attendait depuis d’être publié par "Le Monde".

Jeudi à Paris, ni le ministre de l’Identité nationale et ordonnateur du débat, Eric Besson, ni l’UMP n’ont donné suite à nos demandes de commentaires. Mutisme dû à une stupéfaction teintée de colère ou tout simplement à l’indifférence ?

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page