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Grèce
La Grèce à nouveau paralysée par une grève générale
AFP
Mis en ligne le 11/03/2010
Un goupe de jeunes cagoulés et casqués s'est introduit dans le cortège des manifestants et a lancé un cocktail molotov et divers projectiles en direction des forces de l'ordre qui ont répondu par des tirs de gaz lacrymogène.
Les manifestants ont continué à défiler vers le centre d'Athènes tandis que les jeunes restaient sur place face aux forces anti-émeutes, près de l'école polytechnique, lieu d'affrontements fréquents entre jeunes et police.
Depuis minuit les transports aériens étaient cloués au sol tandis que les trains n'avaient pas quitté les gares et que les bateaux restaient à quai.
Seule une ligne de métro fonctionnait à Athènes pour permettre aux grévistes de se rendre aux manifestations prévues à la mi-journée. Les autres transports urbains, métro, bus, trolleys, tramways étaient, eux, à l'arrêt. La grève a également entrainé la fermeture des écoles et des administrations, tandis que les banques et les grandes entreprises du secteur public tournaient au ralenti. Les hôpitaux publics fonctionnaient grâce au personnel d'astreinte.
Le pays était aussi privé de toute information diffusée par les radios et les télévisions en raison du ralliement du syndicat des journalistes. L'agence de presse nationale Athens News Agency (ANA-semi-officielle) a arrêté son fil d'information pour 24 heures depuis 06H00 locales (04H00 GMT). Les journaux ne paraitront pas vendredi.
En fin de matinée, plusieurs milliers de manifestants étaient rassemblés à deux endroits du centre d'Athènes pour protester contre les mesures de rigueur votées vendredi dernier par la majorité socialiste. "Même s'ils nous terrorisent, les mesures ne passeront pas", "nous sommes des hommes pas des numéros", affirmaient deux banderoles du rassemblement de la Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE, un million de membres) et de la Fédération des fonctionnaires (Adedy, 375.000 adhérents), organisatrices de la manifestation. "L'Europe doit changer où elle sombrera", criaient des grévistes. "A bas le programme de stabilité, il faut le renverser" suggérait un calicot des quelque 2.000 manifestants, selon la police, réunis près du Champ de Mars, face au siège de la GSEE.
A quelque centaines de mètres, sur la grande place Omonia, des milliers de militants du PAME, le front de lutte syndicale du parti communiste ultra orthodoxe (KKE) scandaient leur principal slogan "aucun sacrifice pour la ploutocratie". Des banderoles affirmaient aussi: "guerre aux capitalistes, c'est la réponse des ouvriers" ou "la crise doit être payée par la ploutocratie".
Les participants aux deux rassemblements devaient ensuite se rendre en deux cortèges séparés vers la place centrale de Syntagma, face au Parlement. Présent au rassemblement de la GSEE, le président de la Fédération panhellénique des policiers, Christos Fotopoulos, a déclaré à l'AFP que les policiers syndiqués manifesteront en uniforme "car les mesures gouvernementales sont douloureuses, elles suppriment la plupart de nos primes qui représentent 50% de notre salaire".
D'autres manifestations devaient aussi se dérouler dans les grandes villes de Grèce. Les syndicats avaient déjà manifesté le 24 février et le 5 mars, jour du vote des dispositions au Parlement.
Les grévistes protestent contre les mesures qui prévoient notamment des hausses de la TVA et qui frappent la Fonction publique par la quasi-suppression du 14ème mois.
Le président du patronat grec, Dimitris Daskalopoulos, a vivement condamné mercredi "les mobilisations" de ceux qui veulent laisser la Grèce "demander l'aumône sur les marchés étrangers". Il a aussi affirmé qu'il n'était "pas question" de réduire le 14ème mois de salaire dans le secteur privé.
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