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Séisme
Chili: quand les présidents tremblent...
AFP
Mis en ligne le 11/03/2010
Les secousses qui ont précédé jeudi l'investiture du président chilien Sebastian Pinera ont suscité des réactions variées parmi les chefs d'Etat présents, certains bondissant de leur siège, d'autres fanfaronnant sur "l'honneur de partager un séisme" avec le Chili.
Trois répliques, la plus forte de magnitude 7,2, ont secoué le centre du Chili, provoquant une alerte au tsunami et l'évacuation de zones du littoral, y compris le Parlement de Valparaiso (120 kilomètres de la capitale) où le président chilien a prêté serment.
La plupart des dignitaires n'étaient pas assis lors de la première secousse, qui provoqua quelques cris épars parmi les dames en tenue de gala de l'assistance.
Mais à la deuxième secousse, de magnitude 6,9, la présidente argentine Cristina Kirchner et le président colombien Alvaro Uribe ont bondi de leurs sièges, cherchant la sortie, avant de se rassoir. Une scène qui s'est répétée à la troisième réplique.
"Qu'est-ce qu'on fait?", "On sort?"
"Qu'est-ce qu'on fait?", "On sort?", se demandaient la plupart des invités dans le salon d'honneur.
Les présidents de l'Equateur Rafael Correa et du Paraguay Fernando Lugo regardaient avec insistance vers le plafond, d'où pendait un grand lustre. A côté d'eux, le Bolivien Evo Morales ne paraissait pas s'émouvoir outre mesure. Certains gardaient leur sens de l'humour. "Si le Parlement s'effondre, ce sera un changement politique total!", a lancé une voix, en référence a la première alternance à droite au Chili depuis 20 ans.
Une fois la brève cérémonie achevée, le Parlement a été évacué et les micros se sont tendus pour recueillir les impressions sur ce "séisme de chefs d'Etat".
"C'est un sentiment de peine, de tristesse, mais pas de peur", a commenté Cristina Kirchner. "J'ai senti la deuxième secousse, en fait je l'ai plutôt vue, comme on voit trembler des fleurs". "Tant que je ne vois pas les Chiliens inquiets, je ne m'inquiète pas", a glissé l'héritier de la couronne d'Espagne Felipe, d'un calme... princier. Le président péruvien Alan Garcia, coutumier de ce genre de mésaventures au Pérou voisin, a paradé.
"Ne dramatisons pas, c'est une secousse. Nous avons l'habitude des secousses à Lima. On en profite pour danser", a-t-il déclaré, très bavard. "Certains bien sûr n'ont pas l'habitude, comme l'Uruguayen (Jose Mujica), pour lui, c'est nouveau. Pour un habitant de Lima, c'est habituel, et pour moi, ce fut un honneur de partager un séisme avec le peuple chilien".
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