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Fillon annonce à tort le décès d'un policier
AP
Mis en ligne le 18/03/2010
François Fillon a reconnu jeudi avoir commis une "erreur" en déclarant la veille au soir lors d'un meeting de l'UMP qu'un policier agressé la semaine dernière à Epernay (Marne) était décédé. Le syndicat de policiers FGP-FO a mis en garde contre la "récupération" politique du thème de la sécurité en période électorale, tandis que, pour le Parti socialiste, Julien Dray a dénoncé "une instrumentalisation inadmissible".
A quelques jours du second tour des élections régionales, le Premier ministre a abordé le thème de la sécurité lors d'un meeting UMP d'entre-deux tours des régionales mercredi soir à Paris, déclarant à tort que le policier blessé à la tête par un jet de pierres après une agression à Epernay le 8 mars était décédé. "C'est une erreur matérielle qui s'est glissée dans un discours, c'est une faute qui a été commise en terme de communication par ceux qui m'ont conseillé", a reconnu jeudi M. Fillon lors d'un déplacement à Marseille, se réjouissant "d'avoir appris que ce policier est sorti du coma". "Je sais qu'il va subir aujourd'hui une intervention chirurgicale, je formule vraiment tous les voeux pour qu'il puisse se remettre", a-t-il souhaité. "Plusieurs affaires récemment ont souligné cette violence barbare. La semaine dernière à Epernay, des voyous ont violemment caillassé des policiers qui procédaient simplement à un contrôle routier. L'un d'entre eux vient de décéder", avait déclaré M. Fillon lors de ce meeting à la Mutualité.
"Caillasser, vandaliser, tuer: désormais il semble qu'il n'y ait plus aucune limite pour certains. (...) A tous ceux que la violence inquiète, je leur demande de nous juger sur nos actes et de ne pas se disperser dans leur vote". Le chef du gouvernement a dû adresser jeudi matin une lettre d'excuses à l'épouse du policier concerné, dans lequel il reconnait avoir "par erreur" affirmé que celui-ci était décédé, "ce qui constituait une méprise que je regrette profondément", déclare-t-il dans cette lettre diffusée par Matignon. "Je tiens à vous présenter mes excuses, ainsi qu'à votre mari, sa famille et ses collègues", ajoute-t-il.
Olivier Balangé, délégué syndical FGP-FO à Reims, a expliqué sur France Bleu Champagne que le policier d'Epernay subissait "toujours certaines opérations chirurgicales suite à ses blessures". Il a estimé que les déclarations de M. Fillon "ont un impact vraiment très négatif à la fois sur le moral des collègues d'Epernay et -je n'ose pas imaginer- sur le moral de la famille de notre collègue". M. Balangé a mis en garde contre toute "récupération" politique. "En période électorale, vouloir faire de la récupération sur de l'évènementiel sécuritaire (sic), je ne sais pas si c'est forcément de bon ton et judicieux", a-t-il dit, estimant que "comme à chaque fois, les politiques réagissent à l'émotion, à l'affect suite à certains évènements". Les policiers, eux, préfèrent "travailler calmement, avec discernement, respecter un minimum la douleur des familles concernant les blessures de certains collègues", a-t-il affirmé.
"L'instrumentalisation par François Fillon, lors du meeting francilien de l'UMP (mercredi) soir, de l'agression d'un policier est parfaitement inadmissible", a de son côté réagi le député socialiste de l'Essonne Julien Dray. "Les policiers, ce ne sont pas de la chair à canon pour campagne électorale. Un Premier ministre doit d'autant plus faire attention à ce qu'il dit qu'il est responsable de tous les services de l'Etat", a-t-il estimé dans un communiqué.
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