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proche-orient

Catherine Ashton fait une incursion à Gaza

Ch.L y. (avec AFP, Reuters)

Mis en ligne le 19/03/2010

La Haute représentante européenne a limité sa visite à l’humanitaire. Pas de contacts avec le Hamas. Le Quartet se réunit à Moscou pour se concerter.

La Haute représentante européenne Catherine Ashton a visité jeudi la bande de Gaza, sous blocus de l’armée israélienne, mais sans rencontrer des dirigeants du Hamas, qui sont toujours sous le coup de sanctions européennes et américaines.

Mme Ashton a visité Gaza dans un convoi de véhicules blindés et s’est arrêtée à des écoles, centres de distribution alimentaire et camps de réfugiés.

Sa brève visite était la première d’un haut responsable international depuis que le Hamas a pris le pouvoir à Gaza. Les Européens ont mis le groupe palestinien en 2003 sur leur liste des groupes soutenant le terrorisme. Ils sont aussi, avec l’UE, le principal donateur aux Territoires palestiniens avec un budget d’un milliard d’euros par an, dont la moitié vient du budget communautaire. Certains ministres européens ont décidé d’ignorer Gaza et son Hamas, mais d’autres, Bernard Kouchner et Charles Michel notamment, avaient tenté sans succès de visiter l’enclave palestinienne.

Mme Ashton a promis de faire directement rapport au Quartet du Moyen-Orient qui se réunissait dès jeudi soir et ce vendredi à Moscou. Y participent la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-Moon et le représentant spécial du Quartet, Tony Blair..

Les relations sont tendues entre Israël et son traditionnel allié américain depuis qu’Israël a annoncé la construction de 1600 nouveaux logements pour des colons juifs près de Jérusalem Est. Israël refuse de faire marche arrière, considérant que ces logements sont la continuation d’une politique d’urbanisation menée depuis quarante ans. Bien que David Axelrod, un des plus proches conseillers du président Barack Obama, ait qualifié cette décision d’ "affront", le président a calmé le jeu mercredi soir en déclarant à la chaine de télévision Fox News que "les amis parfois sont en désaccord".

L’administration démocrate a aussi demandé à son envoyé spécial George Mitchell de suspendre tout voyage en Israël tant qu’une déclaration claire (qu’elle n’a pas précisée) du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n’aura pas été faite.

"Ce qu’il nous dira décidera de ce que nous ferons ensuite", a commenté un haut responsable américain dans l’avion qui amenait Mme Clinton dans la capitale russe. Mais selon l’Autorité palestinienne, George Mitchell pourrait se rendre dès dimanche en Israël.

Les Américains et, de façon plus générale, le Quartet soutiennent des négociations indirectes entre Palestiniens et Israéliens pour relancer le processus de paix bloqué depuis décembre 2008. Les Palestiniens ont refusé d’entamer ces contacts lorsque la décision de poursuivre la colonisation à Jérusalem Est a été annoncée.

Ban Ki-Moon estime que ce dialogue indirect n’est pas "le meilleur scénario" même si "cela mérite d’être essayé". "Il n’y a pas d’autre solution que les négociations directes", a dit le secrétaire général de l’Onu dans une interview à la radio russe Ekho Moskvy.

La communauté internationale prône deux Etats coexistants, Israël et la Palestine, dont les frontières précises doivent être fixées.

Mais plusieurs décisions de l’Etat juif ont alimenté ces derniers jours l’effervescence palestinienne sans rompre la trêve de facto respectée par le Hamas. Israël a notamment décidé d’inscrire à son patrimoine national le caveau des Patriarches à Hébron, l’un des sites les plus vénérés des juifs où se trouvent les cénotaphes d’Abraham et de Sarah. Pour les musulmans, depuis le XIIe siècle, le site abrite la mosquée d’Ibrahim, le nom musulman d’Abraham. Israël a aussi rouvert une ancienne synagogue détruite en 1948, sur l’esplanade des mosquées de Jérusalem.

La visite de Mme Ashton a été assombrie par un tir de roquette déclenché de Gaza, une heure seulement après que la haute responsable européenne soit arrivée dans l’enclave. La roquette a tué un ouvrier thaïlandais travaillant dans un kibboutz, à quelques kilomètres de la frontière nord de la bande de Gaza. Le tir a été revendiqué par un groupe salafiste, Ansar al-Sunna (Les partisans de la tradition du Prophète), apparemment proche de la mouvance d’al Qaeda.

Dans un communiqué, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a condamné "un acte de terreur [ ] totalement inacceptable et contraire aux lois internationales". Le chef de l’Onu se rendra lui-même à Gaza après la réunion de Moscou. Le vice-Premier ministre israélien Silvan Shalom a qualifié l’attaque d’"escalade sérieuse" et promis une réponse "adéquate et forte".

Les tirs de roquettes sur Israël sont fréquents depuis Gaza, mais c’est le premier à être mortel depuis la fin de l’offensive israélienne en janvier 2009.

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