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Police

La police prend des pompiers pour des suspects de l'ETA (Video)

AFP Internet

Mis en ligne le 20/03/2010

"Il ne s'agit pas a priori de gens de l'ETA, mais de pompiers catalans qui sont en stage en France et qui sont actuellement en cours d'audition au commissariat de Melun"

Les cinq pompiers espagnols de Catalogne, pris à tort pour des etarras sur des vidéos diffusées vendredi par la police française après le meurtre d'un policier à Dammarie-les-Lys, sont entendus samedi au commissariat de Melun, a indiqué à l'AFP le Directeur général de la Police nationale (DGPN) Frédéric Péchenard.

"Il ne s'agit pas apriori de gens de l'ETA, mais de pompiers catalans qui sont en stage en France et qui sont actuellement en cours d'audition au commissariat de Melun", où ils se sont présentés d'eux-mêmes à la police française, a précisé le DGPN.

L'attention des enquêteurs avaient été attirée par un témoin qui a fait état auprès d'eux de la présence, la veille du meurtre, d'un groupe de cinq personnes semblant "parler espagnol", dans un centre commercial voisin, selon une source proche du dossier.

C'est l'examen des bandes enregistrées de vidéosurveillance de ce centre qui avait permis d'isoler ce groupe de personnes. Ces images avaient été diffusés vendredi par la police à l'occasion d'un appel à témoin. Informés de cette recherche par des proches, les cinq pompiers catalans ont pris contact avec la Guardia civil qui, après concertation avec la police française, leur a conseiller de se présenter au commissariat de Melun pour s'y faire identifier.

Même s'il "s'agit pour nous d'une déception", a reconnu M. Péchenard, "cela ne remet absolument pas en cause l'implication de l'ETA dans les faits", a-t-il ajouté. Cette certitude s'appuie sur le fait que "la personne arrêtée est un militant avéré de l'ETA : il le reconnait, ses empreintes le désignent, il était en possession d'une arme qui provient du vol à main armée de Vauvert", a énuméré Frédéric Péchenard.

Cette méprise permet aussi "de fermer une porte, parce que si on n'avait pas fait cet appel à témoin et si on n'avait pas pu identifier ces pompiers catalans, on aurait trai ça dans le dossier pendant un moment", a-t-il fait valoir. Pour lui, "c'est le propre d'une enquête judiciaire : fermer les portes et rebondir sur autre chose". Cela passe notamment "par l'exploitation des quelques 600 scellés qui ont été faits" dans cette affaire, a souligné Frédéric Péchenard. Il s'agit en particulier "d'empreintes digitales, de traces génétiques (ADN), de douilles, en particulier de neuf millimètres et d'autres calibres, dont certains plus gros", a expliqué le DGPN.

Enfin, il a tenu "à préciser que l'appel à témoin (lancé vendredi) reste quand même valable, puisque en dehors des cinq sur la vidéo, nous avons fait passer deux photos de terroristes avérés de l'ETA, d'une part celui qui a été arrêté et d'autre part un autre qui, lui, a été reconnu par les victimes du vol à main armée". "Cet appel à témoin reste valable pour ces deux personnes là", a-t-il dit.

AF "Pour nous, ça ne change absolument rien à l'implication de l'ETA et nous suivons cette affaire de très près avec nos camarades espagnols", a conclu le policier français.

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