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Expulsion des Roms
Bernard Kouchner: "J'ai pensé à la démission"
AFP
Mis en ligne le 30/08/2010
Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a confié lundi sur RTL (France) qu'il "avait pensé à la démission" face à la "polémique" dans l'affaire de l'expulsion des Roms, mais qu'il avait estimé que "s'en aller, c'est déserter".
Soulignant la condition très spécifique et difficile que vivent les Roms et affirmant avoir "le coeur serré" par cette affaire, le ministre a déclaré: "Comment faire pour y remédier ? En démissionnant, j'y ai pensé".
Ce qui l'a retenu de le faire, a-t-il confié, "c'est l'efficacité: il faut absolument s'en occuper beaucoup plus". "C'est important de continuer. S'en aller c'est déserter, c'est accepter", a-t-il dit. "Je ne suis pas content de ce qui s'est passé, les Roms je m'en occupe depuis 25 ans. Je ne suis pas content de cette polémique, de cette espèce de mayonnaise verbale", a-t-il observé.
Interrogé sur le point de savoir s'il avait évoqué son hésitation à démissionner du gouvernement avec Nicolas Sarkozy, le ministre a répondu: "Si on ne parle pas avec le président, on en parle avec qui ?" "Non seulement Bernard Kouchner n'a pas démissionné, mais il a fait devant les ambassadeurs un discours, vendredi dernier, dans lequel il a défendu la politique du gouvernement et en particulier, il s'en est pris à tous ceux qui ont utilisé des paroles insupportables, comparant les retours volontaires de Roms aux déportations par les nazis", a réagi le Premier ministre François Fillon, sur France Inter.
Le gouvernement a été vivement mis en cause par la société civile, la gauche, les Eglises pour sa politique de démantèlement des campements de Roms et les expulsions de centaines d'entre eux en situation irrégulière vers la Roumanie. "Je pense d'abord qu'il est nécessaire de faire respecter la loi, ça ne m'amuse pas, ça me serre le coeur", a dit Bernard Kouchner. Il a appelé les pays de provenance des Roms et l'Union européenne à assumer leurs responsabilités. "L'Europe existe, chacun est responsable de l'intégration de ses populations et vraiment ça me fend le coeur de voir les Roms, et pas seulement les Roms, être malmenés, exploités... des enfants qui sont drogués pour paraitre malades et apitoyer les populations: il y a même une oppression et une esclavagisation de ces populations", a-t-il dit.
Il a fustigé la critique faite contre la France par le Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale (CERD), qu'il a jugée "tellement excessive". "Si vous contemplez la provenance des experts qui se sont prononcés, la France n'a vraiment pas à rougir", faisant allusion sans les citer aux pays notamment africains dont proviennent certains experts et qui ne sont pas réputés pour observer rigoureusement les droits de l'Homme.
La France "est au contraire le premier pays d'asile en Europe et le deuxième au monde", a-t-il dit.
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