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TERRORISME
Massoud, mort deux jours avant le 11 septembre
AFP
Mis en ligne le 08/09/2002
La réussite de l’attentat, commis par deux terroristes se faisant passer pour des journalistes marocains, est considérée ce jour là comme une grande victoire pour les talibans qui depuis cinq ans tentent de se défaire du commandant Massoud pour contrôler l’ensemble de l’Afghanistan. Le chef militaire de l’Alliance du Nord avait été repoussé dans le coin nord-est de l’Afghanistan et contrôlait à peine 10 pc du territoire afghan.
L’ami du commandant Massoud, aujourd’hui ambassadeur d’Afghanistan à New Delhi, Massoud Khalili est persuadé que les faux journalistes, morts lors de l’attentat, ont agi sur ordre d’Oussama ben Laden qui anticipait les conséquences des attentats du 11 septembre. Selon lui, l’élimination de Massoud permettait à la fois de tuer un allié potentiel des Etats-Unis et de «faire plaisir au mollah Omar», chef suprême des talibans.
C’est a posteriori que le lien a éte fait entre les deux évènements commis par des kamikazes. Beaucoup ont estimé alors que la mort du commandant Massoud était le signe avant-coureur de la campagne anti-américaine d’Al-Qaïda.
SI PLUS DE JOURS S'ETAIENT PASSES ?
Selon le ministre afghan des Affaires étrangères, le Dr Abdullah Abdullah, à l’époque secrétaire particulier de Massoud, s’il n’y avait pas eu le 11 septembre, l’assassinat de Massoud n’aurait pas seulement signifié la fin de la résistance en Afghanistan, mais aurait aussi permis l’extension du fondamentalisme islamique aux pays voisins. «Si l’intervalle entre l’assassinat du commandant Massoud et le 11 septembre avait été plus grand, la situation aurait été totalement différente», a commenté M. Abdullah. «La résistance se serait écroulée en Afghanistan et les républiques d’Asie centrale auraient été extrêmement déstabilisées».
Beaucoup de débats ont eu lieu sur cet intervalle de deux jours. Selon le frère du commandant Massoud, Wali Massoud, qui était ambassadeur de l’Alliance du Nord à Londres, «la proximité des deux évènements est une pure coïncidence, mais le plan général, assassiner Massoud avant toute action terroriste hors de l’Afghanistan, n’est pas une coïncidence», estime-t-il.
Le Dr Abdullah lui aussi ne dresse pas de constat linéaire entre les deux évènements dans la mesure où les talibans avaient déjà essayé d’assassiner Massoud à plusieurs reprises.
Après avoir fait retraite de Kaboul en septembre 1996, cela faisait cinq ans qu’il tenait tête aux talibans dans sa place forte montagneuse du Panchir, comme il l’avait fait face aux soviétiques quinze ans plus tôt. Il n’avait aucune intention de se rendre, de négocier ou même de s’enfuir à l’étranger comme le lui conseillaient ses amis, se souvient Wali. Il disait: «ces gens, ces étrangers, ces ennemis de l’Afghanistan ne pourront s’emparer de l’Afghanistan, un jour, ils seront vaincus», se rappelle son frère. C’est dans les ruines du World Trade Center que la prémonition du commandant Massoud s’est réalisée.
Savoir Plus
16 MAI 2000: Adel Tebourski se rend à Aix-la-Chapelle où il achète deux billets Düsseldorf-Islamabad, via Londres. Coût: 120000 FB.
18 MAI 2000: munis de ceux-ci, Abdessattar Dahmane et un autre Tunisien de 32 ans, Lofti Gherissi, quittent Bruxelles pour Düsseldorf.
19 MAI 2000: les deux hommes sont arrêtés à l'aéroport Heathrow de Londres. La police britannique a détecté leurs faux passeports.
22 MAI 2000: ils sont emmenés dans un centre au nord de Londres chargé d'héberger les personnes en séjour illégal. Ils s'en échappent quelques jours plus tard.
FIN AOÛT 2000: Dahmane parvient à quitter la Grande-Bretagne. Les policiers ignorent comment il a quitté le pays et par où il est passé.
DÉBUT SEPTEMBRE 2000: Dahmane arrive au Pakistan et se rend en Afghanistan, d'où il téléphone quelques jours plus tard à son ami Tebourski pour lui signaler son arrivée. Il s'installe à Jalalabad, à 78 kilomètres de la frontière pakistanaise. La ville est le quartier général des Arabes ayant rejoint la mouvance d'al Qaeda.
NOVEMBRE 2000: visite de Tarek Maaroufi à Jalalabad.
29 JANVIER 2001: Malika, l'épouse de Dahmane, part de Belgique pour rejoindre son mari à Jalalabad. Dans ses valises, deux multimètres dont elle affirme ignorer l'usage. On suspecte qu'ils ont pu servir à l'attentat.
4, 5 ET 6 AVRIL 2001: Massoud se rend à Paris, Strasbourg et Bruxelles pour sa première visite à l'étranger.
MAI 2001: un homme rédige sur un ordinateur à Kaboul la lettre de recommandation à Massoud en faveur de `Karem Toucali´, en réalité Abdessatar Dahmane, présenté comme `l'un de nos meilleurs journalistes´.
27 JUILLET 2001: Dahmane et un autre candidat kamikaze d'origine tunisienne, Rachid Bouraoui El-Ouaer, ancien de Tchétchénie, se présentent à l'ambassade d'Afghanistan à Islamabad (Pakistan), où ils obtiennent un visa afghan des Taliban.
LE 7 AOÛT 2001: Malika revient à Jalalabad, après un séjour de plusieurs semaines en Belgique. Le 10 août, son mari lui annonce qu'il a reçu pour mission de faire une interview de Massoud.
VERS LE 15 AOÛT 2001: Dahmane et Bouraoui franchissent à Tagab la ligne de confrontation entre les forces de l'Alliance du Nord et les Taliban.
31 AOÛT 2001: ils montent dans un hélicoptère. Destination: Khwaja Bahauddin, le repaire de Massoud.
9 SEPTEMBRE 2001: assassinat de Massoud.
Le rire "communicatif" du...
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