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Un homme a tué deux personnes samedi et blessé de nombreuses autres en fonçant avec un véhicule sur la foule d'une ville allemande, avant de se donner la mort, la police précisant qu'il était trop tôt pour parler d'un attentat. Selon les informations de l'agence de presse allemande DPA, l'assaillant, un Allemand de 49 ans, souffrait de troubles psychiques. L'habitation de l'assaillant aurait été perquisitionnée mais aucune source officielle n'a confirmé cette information.

Les faits se sont déroulés vers 15H30 heure locale (13H30 GMT) dans le centre-ville de Münster, dans l'ouest du pays, à une heure très fréquentée où les terrasses étaient pleines et les commerces remplis de clients, en cette journée ensoleillée.

Une camionnette comme véhicule-bélier, un attentat islamiste exclu pour le moment

"L'auteur des faits a foncé sur des terrasses de café et de restaurant sur une place du centre-ville", a indiqué une porte-parole de la police.

Parmi les clients qui s'y trouvaient les autorités locales déplorent au moins deux morts et "20 blessés dont six graves", a indiqué sur place un porte-parole de la police, Andreas Bode. Un premier bilan avait fait état d'au moins quatre morts dont le tireur mais il a été revu à la baisse.

L'auteur des faits, qui conduisait une camionnette selon plusieurs médias, s'est suicidé par arme à feu peu de temps après les faits "dans son véhicule", selon les autorités.

Le ministre de l'Intérieur de la région du nord-ouest de l'Allemagne a écarté samedi soir l'hypothèse d'un attentat islamiste et souligné que le conducteur était de nationalité allemande. "Rien n'indique pour le moment qu'on ait affaire à des motivations islamistes" dans cette affaire, a déclaré Herbert Reul à la presse à Münster, où se sont déroulés les faits.

Selon plusieurs médias, la piste d'un attentat serait bien à écarter. "Il n'y a pas d'indice d'un acte terroriste", écrit la Süddeutsche Zeitung tandis que ZDF assure qu'il avait tenté "il y a peu" de se suicider et que le véhicule était immatriculé à son nom.

Selon la chaîne n-tv, il avait aussi tout récemment clamé son intention de se suicider et l'avait fait savoir au plus grand nombre de personnes possible.

Une porte-parole de la police, jointe par l'AFP, n'a pas pu confirmer ces informations.

Des images diffusées à la télévision allemande montraient plusieurs véhicules de police et de pompiers stationnés dans le centre de cette ville de plus de 300.000 habitants, située dans l'Etat régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, non loin de la frontière avec les Pays-Bas.

Des policiers, dont l'un lourdement armé, étaient stationnés devant des banderoles de sécurité, selon des images de la chaîne n-tv. La police a également appelé sur Twitter les habitants à éviter le centre pittoresque de cette ville fréquenté par de nombreux cyclistes.

Le gouvernement allemand a indiqué via l'une de ses porte-parole, Ulrike Demmer, que ses pensées allaient aux victimes et à leurs proches après "les nouvelles terribles venues de Münster".

Par ailleurs, l'hôpital universitaire de Münster a lancé un appel aux dons de sang sur Twitter.


La police néerlandaise mène des contrôles supplémentaires à la frontière allemande

La police des Pays-Bas a renforcé sa surveillance à la frontière allemande à la suite de l'attaque à Münster. Des contrôles supplémentaires sont également menés à des endroits stratégiques le long de l'A35 en direction d'Enschede et de l'A1 vers Hengelo, rapporte l'agence de presse néerlandaise ANP.

Un porte-parole de la police n'a pas souhaité détaillé les contrôles ou s'ils étaient menés à la demande de la police allemande ou même si quelque chose de spécifique était recherché. "Nous ne devons pas exagérer ce que c'est mais Münster est à une heure de route d'Enschede donc très proche de l'est des Pays-Bas", a-t-il déclaré.

Précédent à Berlin

Si l'origine des faits n'est pas encore établie, ils interviennent dans un contexte tendu en Allemagne.

Les autorités allemandes sont sur le qui-vive depuis un an et demi en raison de plusieurs attentats islamistes perpétrés ou envisagés dans le pays, notamment celui au camion-bélier revendiqué par le groupe Etat islamique qui a fait 12 morts en décembre 2016 sur un marché de Noël à Berlin.

Son auteur, le Tunisien Anis Amri avait été tué quelques jours plus tard près de Milan.

A la fin du mois de juillet 2017, un demandeur d'asile en passe d'être débouté a tué une personne à coups de couteau dans un supermarché et en a blessé six autres, un acte motivé selon la justice par "l'islamisme radical". Et fin octobre, la police allemande a interpellé un Syrien de 19 ans soupçonné de préparer un "grave attentat" à la bombe.

Les mouvements islamistes potentiellement violents ont connu ces deux dernières années un essor dans le pays. Les services du renseignement intérieur estiment à environ 10.000 le nombre d'islamistes radicaux en Allemagne, dont 1.600 soupçonnés de pouvoir passer à la violence.

Outre l'attentat au camion-bélier, l'EI a aussi revendiqué en 2016 un meurtre à Hambourg (nord), un attentat à la bombe à Ansbach (sud) qui avait fait 15 blessés et tué l'assaillant, ainsi qu'une attaque à la hache dans un train en Bavière (5 blessés).

Plusieurs de ces actes ont été commis par des demandeurs d'asile et valent à la chancelière Angela Merkel d'être accusée par ses détracteurs d'avoir fait peser un risque à son pays en ouvrant la porte à des centaines de milliers de réfugiés en 2015 et 2016.

Pour les enquêteurs, aucun des auteurs n'est cependant venu en Europe porteur d'ordres de l'EI, contrairement à certains des assaillants du 13 novembre 2015 à Paris. Tous semblent avoir organisé leurs actes seuls.

L'Allemagne reste une cible pour des groupes jihadistes, en particulier en raison de son engagement au sein de la coalition combattant l'EI en Irak et en Syrie et dans celle déployée en Afghanistan depuis 2001.