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Entretien avec Louis Caprioli, ex-patron de la lutte antiterrorisme de la DST, Direction de la surveillance du territoire, aujourd'hui DGSI, Direction générale de la sécurité intérieure.

Spécialiste des réseaux islamistes en Afrique du Nord et en Europe, il est aujourd'hui conseiller spécial chez GEOS, société de sécurité privée, engagée dans la gestion et la prévention des risques.


Comment analysez-vous le modus operandi des attentats de vendredi soir à Paris.

C'est un mode opératoire nouveau en France, nous avons des gens qui meurent en martyrs kamikazes, en se faisait exploser. Malheureusement, c'est un type d'opération que les Russes ont connu, au théâtre à Moscou, à Besla, donc, pour les services d'intervention tels que le Raid et le GIGN, c'est intégré. A savoir que ce type d'opération peut se produire avec des gens ayant une charge explosive sur eux. C'est une première en France, on est en train de monter en gamme dans l'horreur, la détermination, la violence et tout ça, c'est un premier pas vers d'autres opérations aussi terribles.

Comment les forces d'intervention se préparent-elles à ce genre d'événement?

Raid et GIGN ont intégré cela en se disant: on rentre mais on risque de mourir, voilà. Ils sont comme les terroristes, ils savent parfaitement que, quand ils montent sur un assaut auprès de fous terroristes, ils peuvent mourir parce qu'ils ont en face d'eux des gens armés. Ils savent très bien maintenant que ces gens peuvent avoir des ceintures d'explosifs à boulons, donc quand ils rentrent, ils sont préparés à mourir. C'est ce qu'ils ont intégré dans leur préparation psychologique d'intervention. Ils faut qu'ils tuent rapidement, parce que ces gens-là risquent de les tuer. Le danger est intégré dans leur mise en oeuvre.

Comment a été réalisé l'assaut sur le Bataclan?

Le Bataclan est une salle de spectacle avec un rez-de-chaussée et un étage et il y avait des risques que les terroristes soient répartis dans les deux niveaux. La BRI était chargé d'intervenir au rez-de-chaussée et le Raid au premier étage du Bataclan. Voilà comment s'est réparti ce travail.

La BRI, Brigade de recherche et d'intervention, dépend de la Préfecture de police et travaille avec le Raid. Elle est déjà intervenue à l'hyper cacher au mois de janvier.

Y a-t-il des choses à améliorer de ce côté-là ?

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