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Une prise d'otages a eu lieu pendant plus de trois heures ce vendredi dans un supermarché de Trèbes, dans l'Aude. Trois morts sont déjà à déplorer après ces attaques perpétrées par Rédouane Lakdim. Peu avant, il avait pris pour cible un groupe de CRS à Carcassonne en touchant un à l'épaule.

Peu après 18h, le président Macron a annoncé que 16 personnes ont été blessées au total, dont deux dans un état grave. Le lieutenant-colonel qui fut l'otage du djihadiste "lutte contre la mort".

Des hommes du RAID sont descendus dans la cité Ozanam, à Carcassonne, vendredi en fin d'après-midi, où une perquisition était en cours dans le quartier de l'assaillant d'un supermarché à Trèbes, Radouane Lakdim, a constaté un journaliste de l'AFP.

De nombreux camions banalisés noirs, ainsi que nombre de policiers du RAID et de la BRI (brigade de recherche et d'intervention), encagoulés, fortement armés et portant des gilets pare-balle, avaient investi la petite cité populaire, située à quelques centaines de mètres de la Cité de Carcassonne.

Connu des services de police pour des faits de droit commun, notamment dans le cadre de dossiers liés aux stupéfiants, l'individu est un ressortissant marocain âgé de 26 ans, surveillé jadis par les services secrets. Ayant agi seul, comme l'a confirmé le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, il réclamait la libération de Salah Abdeslam, suspect clé des attentats de Paris de novembre 2015 et seul survivant du commando.

Avant ces deux événements l'assaillant a braqué un véhicule, abattant le passager et blessant grièvement le conducteur. C'est à bord de cette voiture qu'il a pris la direction du supermarché.

Peu après 14h30, l'individu a été abattu par les forces spéciales. Le gendarme, un lieutenant-colonel, seule personne retenue en otage a été gravement blessé par balles pendant l'assaut. Il avait pris la place d'une femme retenue en otage. Au total, cette triple attaque a fait trois morts et cinq blessés, dont trois en urgence absolue. C'est ce qu'a confirmé le ministère de l'Intérieur. Parmi ces trois blessés graves, le gendarme-otage, un membre de la colonne d'assaut du GIGN et le CRS visé par des tirs en fin de matinée.

Une heure après l'assaut, l'organisation terroriste Etat islamique a revendiqué cette triple attaque via son organe de propagande Amaq. "L'homme qui a mené l'attaque de Trèbes (...) est un soldat de l'Etat islamique, qui a agi en réponse à l'appel" de l'organisation "à viser les pays membres de la coalition" internationale anti-EI" indiquait Amaq dans un communiqué.


Ce que l'on sait :

- Profil de l'assaillant : Redouane Lakdim, ressortissant marocain âgé de 26 ans connu des services de police pour des délits mineurs, se revendiquait de Daech et réclamait la libération de Salah Abdeslam

- Il a braqué une voiture, tuant le passager et blessant grièvement le conducteur

- Vers 10h30 : après avoir suivi en voiture un groupe de CRS à Carcassonne, il a tiré à cinq reprises, blessant à l'épaule l'un des quatre agents

- Vers 11h15 : il est entré dans le supermarché Super U de Trèbes, où deux personnes ont été tuées dès le début de la prise d'otages

- Peu après 14h30 : il a été tué lors de l'assaut


Le spectre de Daech et de Salah Abdeslam

Tout a commencé vers 10h30 ce vendredi matin. Quatre CRS s'entraînaient sur l'avenue Général Leclercq de Carcassonne. Alors qu'ils rentraient de leur footing, un homme, qui les avait suivis en voiture, a ouvert le feu sur le groupe. Un agent a été blessé, mais "le pronostic vital du CRS touché n'est pas engagé" a expliqué Edouard Philippe lors d'un point presse donné à Mulhouse, où il était en visite, avant de rentrer précipitamment à Matignon à Paris.

Juste avant, le même homme avait braqué une voiture. C'est dans celle-ci qu'il s'est rendu à Trèbes, commune située quelques kilomètres à l'est. Après avoir tiré sur le conducteur, le blessant grièvement, il a abattu le passager.

Arrivé sur le parking du supermarché Super U de Trèbes, il "a pénétré vers 11H15 dans ce supermarché Super U et des coups de feu ont été entendus".

Un témoin a déclaré que l'auteur des coups de feu avait crié "Allah Akbar" en rentrant dans le supermarché, indiquait-t-on de source proche du dossier.

Déployée sur les lieux, en compagnie du GIGN, du BRI et du RAID, la gendarmerie a donné l'assaut peu après 14h30, abattant l'individu. C'est en entendant des coups de feu à travers le téléphone portable du gendarme que le GIGN est intervenu.

Ce dernier s'était revendiqué de Daech. Connu des services de police pour des faits de droit commun, l'individu serait un ressortissant marocain âgé de 26 ans, suivi pour radicalisation islamiste. Partisan de la mouvance salafiste, il réclamait la libération de Salah Abdeslam, dernier survivant du commando qui avait triplement frappé Paris le 13 novembre 2015.

A 15h00, le bilan fait état de trois morts, deux dans le supermarché, dont le boucher, et le passager du véhicule braqué.

Le premier ministre français Edouard Philippe, en visite à Mulhouse, avait qualifié la situation de "sérieuse". Il s'est ensuite isolé et était tenu informé en temps réel des faits.

Egalement tenu au courant du déroulé des événements, Emmanuel Macron s'est exprimé avant une conférence de presse donnée avec Angela Merkel lors d'un sommet européen à Bruxelles.

"Tout porte à croire qu'il s'agit d'une attaque terroriste (…) je veux assurer de mon soutien tous ceux qui ont à affronter cette situation. Je ne dispose actuellement d'aucun bilan officiel" a-t-il notamment déclaré.

© AFP