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Un suspect interpellé en France le 30 juin, le jour de la mise en échec d'un projet d'attentat contre un rassemblement de l'opposition iranienne, en région parisienne, a été remis à la Belgique, a-t-on appris mercredi de source proche du dossier.

Merhad A., un Belgo-Iranien de 54 ans, a été remis le 20 juillet à la justice belge, chargée de l'enquête, en coopération avec la France et l'Allemagne. Il est soupçonné de "tentative d'assassinat terroriste" et de "préparation d'attentat" selon les termes du mandat d'arrêt européen émis le 3 juillet à son encontre par les magistrats bruxellois.

Interrogé, le porte-parole du parquet fédéral belge a confirmé l'information mercredi soir.

"C'est exact! Entretemps la chambre du conseil (chambre du tribunal de première instance) a confirmé sa détention préventive avec un mois", a déclaré à l'AFP Eric Van Der Sypt.

Le suspect avait été arrêté le 30 juin, jour du rassemblement des Moudjahidine du peuple iranien (MEK) organisé à Villepinte, près de Paris, auquel participaient deux personnalités proches du président américain Donald Trump, dont l'ex-maire de New York Rudy Giuliani.

Le même jour, un couple belge d'origine iranienne, soupçonné d'avoir planifié l'attentat, avait été arrêté à Bruxelles en possession de 500 grammes de TATP, un explosif artisanal très instable, dans sa voiture, et un diplomate iranien avait été interpellé en Allemagne, suspecté d'avoir remis des explosifs à ce couple, qui a été inculpé.

Merhad A. a accepté son transfert vers la Belgique lors d'une audience à la cour d'appel de Paris le 11 juillet. Selon les magistrats, le quinquagénaire, qui encourt 30 ans de prison, a été interpellé dans sa chambre d'hôtel à Paris à la suite d'"un renseignement anonyme".

Il était en possession d'un téléphone portable doté d'une carte SIM autrichienne, qui ne contenait qu'un seul numéro de téléphone, autrichien lui aussi, ont indiqué les magistrats de la cour d'appel sur la base d'éléments transmis par la justice belge.

Environ 25.000 personnes ont assisté à la conférence organisée en France par les Moudjahidine du peuple iranien, un mouvement d'opposition fondé en 1965 et interdit par les autorités iraniennes depuis 1981.

Le diplomate en poste en Autriche, identifié par des opposants iraniens comme étant Assadollah Assadi, est soupçonné d'appartenir au ministère iranien du Renseignement et de la Sécurité, au sein duquel il est chargé de "l'observation et de la lutte contre les groupes d'opposition à l'intérieur et à l'extérieur de l'Iran", selon le parquet fédéral allemand.

En réaction à cette affaire, l'Iran avait dénoncé un "stratagème" visant à lui nuire.