International Le Tunisien Sofien Ayari et un logisticien présumé rejoignent le méga dossier du 13 novembre.

Deux noms de plus se sont ajoutés à la liste des suspects mis en examen par la justice française dans les attentats de Paris (130 morts), celui du djihadiste tunisien Sofien Ayari et du ressortissant belge Ali El Haddad Asufi.

Tous deux sont détenus en Belgique et ont été brièvement remis à la France, pour leur inculpation, a indiqué jeudi une source à l’AFP. Ils ont été mis en examen pour "complicités" d’assassinats, de tentatives d’assassinats et de séquestration "en bande organisée et en relation avec une entreprise terroriste".

Les deux hommes font partie des membres les moins bien connus du groupe franco-belge qui a participé aux attentats de Paris et de Bruxelles.

Des voyages et des empreintes

Sofien Ayari, 25 ans, n’a été identifié que tardivement. Il était le troisième homme dans l’appartement de la rue Dries à Forest, aux côtés de Salah Abdeslam et de l’Algérien Mohamed Belkaïd.

Il fut aussi l’un des djihadistes, parti à Raqqa en Syrie "fin 2014", qui s’est mêlé au flot des réfugiés de 2015 pour rejoindre en septembre la Belgique, via l’île grecque de Leros, la Grèce, la Macédoine et l’Allemagne. Il voyagea avec Osama Krayem, l’homme qui a refusé à la dernière minute de se faire exploser dans le métro bruxellois. Ses empreintes ont été retrouvées dans la plupart des planques du groupe terroriste, à Auvelais, à Charleroi et à Schaerbeek où les gilets d’explosifs de Paris ont été confectionnés.

Ali El Haddad Asufi, 34 ans, travaillait comme CDI à l’aéroport de Zaventem et n’est pas allé en Syrie. Il aurait été en contact fréquent avec les membres de la cellule, en particulier avec Ibrahim El Bakraoui avec qui il serait allé en Grèce en juillet 2015 puis aux Pays-Bas à Rotterdam le 7 novembre 2015 où ils auraient eu des contacts avec un marchand d’armes, juste avant les attentats de Paris. Plus tard, c’est lui ainsi qu’un autre acolyte qui aurait fourni à la cellule des indications sur l’aéroport et les vols à destination d’Israël et des États-unis. Les enquêteurs le considèrent comme un logisticien, car on retrouve aussi son nom dans la location d’une des planques.

Au total, la justice française a inculpé une quinzaine de suspects dans cette enquête tentaculaire que les juges français sont tenus de boucler rapidement pour ne pas dépasser un délai raisonnable. Près de 1 700 parties civiles se sont constituées et 300 avocats interviennent. Le procès pourrait avoir lieu fin 2020-début 2021 et avant celui des attentats de Bruxelles.