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Après les plaidoiries de la défense, Jawad Bendaoud ainsi que les deux autres prévenus (Mohamed Soumah et Youssef Aït Boulahcen) poursuivis devant le tribunal correctionnel de Paris, ont pris une dernière fois la parole mercredi après-midi lors de la onzième journée du procès en lien avec les attentats du 13 novembre 2015. L'affaire a ensuite été mise en délibéré. Le jugement sera rendu le 14 février à 16h00, a annoncé la présidente de la cour, Isabelle Prévost-Desprez, citée par plusieurs médias français. Youssef Aït Boulahcen, Mohamed Souman et Jawad Bendaoud ont pris la parole à tour de rôle mercredi après-midi devant le tribunal correctionnel de Paris.

Youssef Aït Boulahcen, le cousin d'Abdelhamid Abaaoud et frère d'Hasna, était le premier à s'exprimer. "Aujourd'hui, je paye le prix de mes liens familiaux", a-t-il notamment déclaré. Poursuivi pour non-dénonciation de crime terroriste, l'homme a tenu, dans ses propos, à se distancier de sa soeur, laquelle était venue en aide à Abdelhamid Abaaoud, considéré comme le cerveau présumé des attentats de Paris. "Hasna, elle a fait un choix d'aider un terroriste, un criminel dans sa cavale. Je ne suis pas responsable de ses choix. Elle était très instable, déséquilibrée. Je ne suis pas responsable. Je ne suis pas lié à Daech, cette idéologie dévastatrice", a-t-il confié, cité par Le Figaro.

De son côté, Mohamed Soumah, qui est poursuivi au même titre que Jawad Bendaoud pour recel de malfaiteurs terroristes et pour avoir fourni un logement à Abdelhamid Abaaoud et Chakib Akrouh après les attentats du 13 novembre 2015, s'est d'abord excusé auprès des victimes. "Ce qu'il s'est passé, les attentats, les barbaries, ça fait froid dans le dos. (...) On veut m'assimiler à des terroristes. Mais voilà j'ai des amis... Des juifs, des musulmans... On est tous dans la même galère, la même misère. Y'a pas de racisme ou de trucs comme ça", a-t-il dit. "Quelle que soit votre décision, madame, je vais assumer. Peut-être que je serai encore un voyou mais, jamais, je serai un terroriste", a-t-il ajouté, en s'adressant à la présidente.

Jugement rendu le 14 février

Enfin, Jawad Bendaoud, le logeur des djihadistes des attentats du 13 novembre, a d'abord remercié une série de personnes parmi lesquelles ses avocats, son père et sa compagne. Il a rappelé ne pas comprendre ce qui lui arrive aujourd'hui. "Mais je n'ai aucun problème avec ma conscience. Je dors très bien. Peut-être que j'irai en enfer mais je n'irai pas pour avoir aidé des terroristes parce que je ne savais pas. (...) Je n'ai passé que cinq minutes avec Abaaoud dans une salle de 6m2. Je ne serais même plus là si la police était arrivée à ce moment", selon des propos rapportés par le Figaro. Il a encore assuré qu'il n'était pas au courant car il était "coupé du monde."

Jawad Bendaoud, qui est rapidement devenu l'objet de railleries sur internet après ses déclarations le jour de l'assaut de Saint-Denis, a ensuite indiqué qu'il n'avait jamais voulu faire de show. "Ce n'est pas Jawad Comedy Club, c'est Jawad Tragedy Club. Tout ce que j'ai pour me défendre, c'est l'arrogance", a-t-il conclu.

Le procès de Jawad Bendaoud a pris fin peu avant 16h30 mercredi. Le jugement sera rendu le 14 février à 16h00.