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Le juge d'instruction français en charge de l'enquête sur les attentats du 13 novembre 2015 à Paris réclame à la Belgique un suspect, Ali El Haddad Asufi, considéré comme un des logisticiens de la cellule djihadiste franco-belge, selon un mandat d'arrêt dont a eu connaissance l'AFP. Le magistrat antiterroriste Christophe Teissier, qui dirige en France cette enquête tentaculaire, a délivré le 18 mai un mandat d'arrêt à l'encontre de ce Belge pour qu'il soit remis à la France par Bruxelles en vue de sa mise en examen.

Né le 23 septembre 1984, cet homme actuellement inculpé et incarcéré en Belgique, était "de façon récurrente" en contact avec les membres de la cellule franco-belge responsable des attentats de Paris (130 morts) et de Bruxelles perpétrés le 22 mars 2016 (32 morts), selon le mandat d'arrêt. Les investigations montrent notamment qu'il a fréquenté des planques utilisées par les djihadistes pour préparer les attaques.

Le suspect a en particulier été à plusieurs reprises en contact avec Ibrahim El Bakraoui, qui s'est fait exploser à l'aéroport Zaventem de Bruxelles. Selon les enquêteurs, les deux hommes se sont rendus ensemble en juillet 2015 en Grèce, où sont passés plusieurs des membres de la cellule de retour de Syrie - dont le coordinateur présumé des attentats parisiens Abdelhamid Abaaoud - puis aux Pays-Bas le 7 novembre 2015.

Par ailleurs, alors qu'il "évoquait en termes codés" sur la messagerie sécurisée WhatsApp "l'achat de plusieurs +clios+", Ali El Haddad Asufi s'est rendu à Rotterdam en octobre 2015 et y a été "en contact avec des individus soupçonnés de trafic d'armes", écrit le magistrat dans son mandat d'arrêt. D'après l'enquête, une inscription faisant allusion à des références de pistolets semi-automatiques a été retrouvée dans son véhicule.

Au total, une quinzaine de suspects sont désormais visés par la justice en France dans le dossier des attentats les plus meurtriers dans le pays ces dernières décennies, perpétrés par trois commandos venus de Belgique: onze sont mis en examen dans cette instruction et au moins six autres, dont Ali El Haddad Asufi, font l'objet d'un mandat d'arrêt.