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Les manifestations aux quatre coins de France et l’accueil qui a été réservé aux forces de l’ordre paraissent déjà bien loin ce lundi pour les enquêteurs qui tentent de comprendre le parcours des derniers jours des terroristes et les éventuelles complicités dont ils auraient pu bénéficier. Seule certitude aujourd’hui, la tâche est titanesque et l’enquête s’annonce particulièrement longue et fastidieuse. Pas évident au vu de la pression médiatique.

1 | La vidéo posthume. 

Depuis la fin du week-end, ces images tournent en boucle sur Internet. On y voit Amedy Coulibaly, multipliant les interventions, vêtu de diverses tenues et muni d’un arsenal impressionnant. Le terroriste ânonne péniblement en arabe un discours convenu pour ceux qui veulent faire allégeance à l’Emir de l’Etat islamique. Le jeune homme explique ses actions “contre la police”. Dans la foulée, il affirme coordonner ses actions avec les frères Kouachi. “On a fait les choses un petit peu ensemble, un petit peu séparés, c’était plus pour que ça ait plus d’impact”, lance-t-il. Cette prétendue coordination avec les frères Kouachi reste à déterminer avec précision par les enquêteurs. Autre mystère à éclaircir par les enquêteurs : le fait que les Kouachi et Coulibaly aient revendiqué leurs attentats respectifs au nom d’organisations criminelles différentes et même antagonistes (EI pour Coulibaly et d’Al Qaïda au Yémen pour les frères Kouachi). Souci supplémentaire pour les enquêteurs, cette vidéo semble montrer clairement des images postérieures à l’attaque du supermarché cacher. Constat évident : le montage a été réalisé par un tiers. Qui est-il ? Pas nécessairement en France ! De quoi corroborer la sortie du Premier ministre Manuel Valls selon lequel Coulibaly avait “sans doute un complice”.

2 | Le rôle joué par sa compagne ? 

Hayat Boumeddiene, la compagne de Coulibaly, est entrée en Syrie le 8 janvier via la Turquie. Une information confirmée hier par le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu. “Elle est entrée en Turquie le 2 janvier en provenance de Madrid. Il y a des images la montrant à l’aéroport”, a confirmé le chef de la diplomatie turque qui a poursuivi en expliquant que la jeune femme avait séjourné quelques jours dans un hôtel turc avant de franchir, le 8 janvier, la frontière avec la Syrie. La police française a délivré un avis de recherche à son encontre. Elle veut savoir si la jeune femme de 26 ans a joué un rôle dans la préparation des attaques. Elle veut aussi comprendre les liens qui unissaient cette jeune femme aux compagnes des frères Kaouchi. Le procureur de Paris, François Molins, a en effet révélé que l’examen des téléphones avait permis de déterminer qu’Hayat Boumedienne avait échangé “plus de 500 appels sur l’année 2014” avec les épouses Kouachi indiquant l’existence de “liens constants et soutenus entre les deux couples”.

3 | Les coups de feu sur un joggeur.

Un lien a également pu être fait entre une des armes retrouvées dans le supermarché casher de la Porte de Vincennes attaqué par Coulibaly et les balles utilisées contre un joggeur grièvement blessé mercredi soir à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), lieu de résidence d’Amedy Coulibaly. Le joggeur, 32 ans, a été grièvement blessé. Touché à une jambe et dans le dos par plusieurs tirs d’arme automatique. L’homme est toujours dans un état critique.

4 | La planque. 

Dans la nuit de samedi à dimanche, les enquêteurs ont découvert un appartement qui a dû servir de planque à Coulibaly ces dernières semaines. Ils y ont découvert une carte d’identité à son nom mais aussi un petit arsenal : pistolets Tokarev, revolver, munitions, téléphones, bombes lacrymogènes, gyrophare…