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Deux attentats à la voiture bélier ont été commis à quelques heures d'intervalle en Catalogne, faisant 14 morts et une centaine de blessés dans le coeur touristique de Barcelone, et une victime et plusieurs blessés dans la station balnéaire à Cambrils.

Les corps de trois Marocains formellement identifiés, Moussa Oukabir était-il le conducteur de la camionette?

Une douzaine de personnes pourraient être impliquées dans les attentats de Barcelone et Cambrils, selon la police catalane. Trois ont été identifiées mais n'ont pas été interpellées, quatre ont été arrêtées et cinq ont été tuées à Cambrils, dont trois sont désormais identifiées. Il s'agit de trois jeunes Marocains Moussa Oukabir, Saïd Aallaa et Mohamed Hychami, respectivement âgés de 17, 18 et 24 ans, tous habitants d'une localité du nord de la région, Ripoll.

Trois des quatre suspects arrêtés l'ont également été à Ripoll, dont Driss Oukabir, le frère de Moussa Oukabir abattu à Cambrils.

Un Espagnol, dont l'identité n'a pas été révélée, né à Melilla (enclave espagnole au Maroc), a lui été arrêté à Alcanar, à 200 km au sud de Barcelone, où une explosion s'est produite mercredi soir dans une maison dont les occupants préparaient des engins explosifs, selon la police.

Il y a dans cette maison "des restes humains de deux personnes différentes", a indiqué le porte-parole de la police catalane, qui cherche à savoir si ces deux corps correspondent à deux des trois personnes recherchées.

Le principal suspect recherché dans l'attentat de Barcelone, le conducteur de la camionnette ayant fauché des dizaines de piétons, pourrait se trouver parmi les assaillants abattus à Cambrils, a affirmé vendredi après-midi la police catalane.

Aucune des personnes identifiées n'était connue pour des faits de terrorisme.

Madrid signale un véhicule à la France

La police espagnole a transmis vendredi le signalement d'un véhicule blanc de type Kangoo aux autorités françaises, dans le cadre de l'enquête sur les attentats djihadistes à Barcelone et Cambrils, a-t-on appris de source policière française.

"Les enquêteurs espagnols ont fait un signalement aux autorités françaises sur ce véhicule en lien avec les attentats", selon cette source confirmant une information du quotidien français Le Parisien. Le véhicule pourrait avoir passé la frontière franco-espagnole.

Les forces de l'ordre espagnoles recherchaient encore au moins quatre personnes, dont Moussa Oukabir, le frère du Marocain Driss Oukabir déjà interpellé jeudi à Ripoll, à une centaine de kilomètres au nord de Barcelone, selon le journal espagnol La Vanguardia.

Parmi ces quatre personnes recherchées, trois sont de Ripoll, petite ville de quelque 10.000 âmes, où trois personnes ont déjà été arrêtées dans le cadre de l'enquête sur les attentats.

Le porte-parole de la police régionale catalane, Josep Lluis Trapero, a déclaré que l'enquête laissait entrevoir l'existence d'un "groupe de personnes" ayant agi de concert en Catalogne, notamment à Ripoll et Alcanar, commune au sud de Barcelone.

© AFP

Les points importants

- Jeudi, peu avant 17h, une fourgonnette a foncé dans la foule sur les Ramblas, à hauteur de la Place de Catalogne à Barcelone, faisant 13 morts. L'Etat Islamique a revendiqué l'attaque de Barcelone.

- Dans la nuit de jeudi à vendredi, une autre attaque a eu lieu à Cambrils, à 120 km au sud de Barcelone, faisant un mort. Cinq terroristes présumés y ont été abattus.

- Une explosion dans une maison à Alcanar dans la soirée de mercredi, qui a fait 1 mort et 7 blessés, est directement liée à l'attentat de ce jeudi d'après les autorités.

- Un dernier bilan, commun aux deux attaques et communiqué à vendredi à 17h, fait état de 14 tués, 126 blessés, dont 65 encore hospitalisés. Dix-sept sont dans un état "critique" et 28 dans un état "grave".

- Le conducteur de la fourgonnette n'a pas encore été identifié mais il pourrait se trouver parmi les assaillants abattus. Il pourrait s'agir de Moussa Oukabir, né en 1999.

- 4 personnes ont été arrêtées, à Barcelone et à Ripoll, à une centaine de kilomètres au nord de Barcelone. Les corps de trois jeunes Marocains (dont Moussa Oukabir), abattus par la police à Cambrils, ont été formellement identifiés vendredi soir.

- La police espagnole a transmis vendredi le signalement d'un véhicule blanc de type Kangoo aux autorités françaises, dans le cadre de l'enquête sur les attentats.


34 nationalités parmi les victimes, 126 personnes blessées dont 16 dans un état critique

Le dernier bilan des attaques en Catalogne est de 14 tués et 126 blessés, dont 65 sont encore hospitalisés, a indiqué vendredi après-midi la protection civile catalane. Dix-sept sont dans un état "critique" et 28 dans un état "grave". Treize personnes ont été tuées dans l'attaque sur les Ramblas, à Barcelone. Soixante-et-une victimes sont encore hospitalisées, dont 17 dans un état critique, 25 dans un état grave et 19 souffrant de blessures légères.

Les 126 blessés proviennent d'Allemagne, d'Algérie, d'Argentine, d'Australie, d'Autriche, de Belgique, du Maroc, du Canada, de Chine, de Colombie, de Roumanie, du Venezuela, de Cuba, de l'Équateur, d'Égypte, d'Espagne, des Etats-Unis, des Philippines, de France, du Royaume-Uni, de Grèce, des Pays-bas, de Taïwan, du Honduras, de Hongrie, d'Irlande, d'Italie, du Koweït, de Macédoine, de Mauritanie, du Pakistan, du Pérou, de République Dominicaine et de Turquie.

Parmi les 14 victimes décédées, on dénombre une Belge, mais également trois Allemands, deux Italiens et une Espagnole.

Les autorités catalanes n'ont pas encore publié de liste définitive des victimes.


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Un quatrième suspect interpellé

"Une quatrième personne a été interpellée pour les événements survenus au cours des dernières heures à Barcelone et Cambrils, a annoncé vendredi en début d'après-midi la police catalane. Trois suspects avaient déjà été appréhendés, dont Driss Oukabir, l'individu qui a loué la camionnette qui a foncé sur la foule sur les Ramblas.

Un Espagnol à l'identité non révélée né à Melilla, enclave espagnole au Maroc, a été arrêté à Alcanar, à 200 km au sud de Barcelone, après l'explosion mercredi soir d'une maison dont la police croit que les occupants préparaient un engin explosif.

La police catalane avait aussi annoncé avoir arrêté dans la nuit un troisième homme à Ripoll, non loin de la frontière française.

Le principal suspect recherché, le conducteur d'une camionnette ayant fauché des dizaines de piétons, pourrait se trouver parmi les assaillants abattus plus tard à Cambrils, au sud-ouest de Barcelone, a ajouté Josep Lluis Trapero.

"L'enquête va dans ce sens, il y a un indice, plus d'un indice, mais nous n'avons pas de preuve concrète", a-t-il indiqué, répondant à un journaliste qui lui demandait si cet homme avait été tué. Auparavant, il avait précisé que trois des cinq suspects tués avaient été identifiés.

"L'hypothèse étudiée actuellement par la police", a-t-il ajouté, serait qu'"il se préparait depuis quelque temps un ou des attentats autour de ce domicile d'Alcanar par une partie du groupe dont il faudra déterminer le nombre de personnes".

La police a établi un "lien" entre ce "groupe de personnes", "la location de véhicules" utilisés et les "quatre localités" catalanes au centre de l'enquête: Cambrils, Barcelone, Alcanar, et Ripoll où trois personnes - dont le frère du suspect encore recherché - ont été arrêtées.

"Ils préparaient un attentat ou plusieurs. L'explosion d'Alcanar a permis d'éviter (...) des attentats de plus grande envergure", a déclaré Josep Lluis Trapero, faisant allusion à l'explosion qui a fait un mort mercredi soir dans une maison de cette ville à 200 km au sud de Barcelone, dont les occupants, selon la police, préparaient un engin explosif.


"Toute l'Espagne est à Barcelone"

Par l'utilisation d'un véhicule pour tuer des piétons, l'attaque de Barcelone rappelle des attentats imputés ou revendiqués par l'EI à Nice, Berlin ou Londres.

L'Espagne, troisième destination touristique au monde, avait été jusqu'ici épargnée par les attentats des djihadistes de l'EI ayant touché d'autres capitales européennes, telles Paris ou Bruxelles.

Mais c'est à Madrid qu'avaient eu lieu les attentats islamistes les plus meurtriers jamais commis en Europe: le 11 mars 2004, des bombes avaient explosé dans des trains, faisant 191 morts. Ils avaient été revendiqués par un groupe de la mouvance al-Qaïda.

Les réactions d'indignation ont très vite afflué.

"Ils ne nous terroriseront pas. Toute l'Espagne est à Barcelone. Les Ramblas appartiendront de nouveau à tout le monde", a déclaré le roi Felipe VI dans un message du Palais royal. Le souverain participera vendredi à 12H00 (10H00 GMT) à Barcelone à la minute de silence en solidarité avec les victimes de l'attentat.

Le chef du gouvernement Mariano Rajoy s'est quant à lui rendu immédiatement à Barcelone, où le gouvernement régional séparatiste prétend faire sécession de l'Espagne.

"Nous sommes unis dans la douleur. Mais nous sommes surtout unis par la volonté de mettre fin à cette folie et cette barbarie", a-t-il déclaré à la presse, annonçant un deuil national de trois jours à partir de vendredi.


Retour sur les attentats en Europe depuis un an:

© D.R.