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Une vidéo accrédite l'existence d'un neuvième assaillant lors des attentats de vendredi soir à Paris, un membre du commando qui a attaqué des terrasses de cafés et restaurants, ont affirmé mardi à l'AFP des sources proches de l'enquête et policière.

Ce commando était composé du Français Brahim Abdeslam, qui s'est fait exploser dans un restaurant, ainsi que, pensent les enquêteurs, de son frère Salah, en fuite et activement recherché.

Selon cette vidéo, il y avait en outre un troisième homme dans cette équipe qui a opéré à bord d'une Seat noire. Il pourrait être lui aussi en cavale, à moins qu'il ne s'agisse d'un des deux hommes écroués en Belgique et soupçonnés d'avoir exfiltré Salah vers ce pays.

Les images montrent ce troisième occupant de la voiture à 21H32 (20H32 GMT) au moment de la fusillade qui a fait cinq morts devant un bar du nord-est de Paris, a précisé une source proche de l'enquête.

On y voit que les assaillants tirent depuis la Seat. Celle-ci a été retrouvée par la suite à Montreuil, en banlieue parisienne, avec trois kalachnikov à son bord.

Le troisième homme de ce commando n'a pas été identifié à ce stade, a dit une autre source proche de l'enquête.

Le "commando des terrasses" a fait deux autres haltes meurtrières, tuant 15 personnes et 19 personnes attablés dans des restaurants ou des bars du même quartier.


Un nouvel avis de recherche

La police française a diffusé mardi soir la photo d'un des kamikazes décédés vendredi soir au Stade de France et lancé un appel à témoins pour l'identifier.

Les enquêteurs avaient déjà pu établir, à partir de ses empreintes papillaires, qu'il avait été contrôlé en octobre en Grèce. Un passeport syrien dont l'identité correspond à celle d'un soldat de Bachar al-Assad tué il y a plusieurs mois a été retrouvé près de son cadavre.


Deux opérations d'envergure étaient en cours mardi en fin d'après-midi à Boulogne-sur-mer et le long de l'autoroute A2 dans le Nord-Pas-de-Calais, rapporte le site de la Voix du Nord. Les opérations ont commencé en début d'après-midi.

Les contrôles de gendarmerie et de police se sont fortement renforcés d'une part dans le Cambrésis, près de la zone du Val de Calvigny et aux abords de l'A2, selon la Voix du Nord.

Un hélicoptère survole le secteur et ses principaux axes routiers.

Selon le site, le déploiement fait suite à un signalement effectué auprès des forces de l'ordre. Une personne leur aurait indiqué avoir aperçu une voiture suspecte avec à son bord un homme ressemblant à Salah Abdeslam, recherché dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris.

Les forces de l'ordre sont également à pied d'oeuvre dans le quartier du Chemin Vert à Boulogne . La préfecture parle d'une perquisition administrative et ne confirme pas les informations relayées évoquant une interpellation. Elle établira un bilan lorsque l'opération sera terminée.


Salah Abdelsalem toujours en fuite

La police belge a émis mardi matin un nouvel avis de recherche à l'encontre d'un suspect clé des attentats de Paris actuellement en cavale, Salah Abdeslam, qui "pourrait être lourdement armé", ce qui a conduit la Belgique à relever son niveau d'alerte.

Salah Abdeslam est déjà visé par un mandat d'arrêt international de la justice belge depuis dimanche soir. La police française avait émis dimanche un avis de recherche, le qualifiant de "dangereux". Dans un nouvel appel à témoins publié mardi matin, la police belge avertit qu'il "pourrait être lourdement armé".

Les enquêteurs n'excluent pas la thèse d'un autre fuyard.


Son frère "lui conseille de se rendre"

Le frère de Salah Abdeslam, un suspect-clé des attaques terroristes de Paris visé par un mandat d'arrêt international, "lui conseille de se rendre à la police", dans un entretien diffusé mardi sur le site internet de la chaîne française BFMTV.

"Evidemment, je lui conseille de se rendre à la police", dit Mohamed Abdeslam, qui vit à Bruxelles, "afin que la justice puisse faire toute la lumière sur cette histoire". Il souligne que son frère est "toujours présumé innocent".

Mohamed Abdeslam avait lui-même été interpellé par la police belge, dans la commune de Molenbeek, avant d'être relâché sans poursuites judiciaires. Un troisième frère Abdeslam, Brahim, est l'un des kamikazes morts dans les attaques qui ont fait 129 morts.

Salah, lui, est suspecté d'avoir également fait partie de l'équipe de tueurs qui ont frappé Paris, et fait l'objet d'intenses recherches de police.

"Le mieux effectivement, ce serait de se rendre afin que la justice puisse faire toute la lumière sur cette histoire puisque je vous le rappelle Salah n'a toujours pas été entendu par les services de police et qu'il est donc toujours présumé innocent", dit son frère Mohamed dans l'entretien sur BFMTV.

"Nous sommes une famille, nous pensons à lui, nous nous demandons où il se trouve, a-t-il peur? s'alimente-t-il?", a-t-il également déclaré.

"Interrogé sur sa pratique de l'islam, Mohamed Abdeslam répond qu'il n'est "pas pratiquant". "Salah était quelqu'un qui ne manquait pas à ses obligations, il priait, il ne buvait pas, il se rendait de temps en temps à la mosquée", ajoute-t-il.

"Il s'habillait très normalement, un jean, un pull, un gilet", précise-t-il également, disant que rien n'indiquait qu'il s'était radicalisé.

"Cela fait bien longtemps que Salah et Brahim font le jeûne, ça ne permet pas à nous qui vivons avec lui de déterminer si c'est un radicaliste (sic) ou pas", ajoute-t-il.


Deux suspects placés en détention provisoire

En outre, deux suspects ont été inculpés lundi soir par la justice belge pour "attentat terroriste" et "participation aux activités d'un groupe terroriste" puis placés en détention provisoire. Ces deux Belges originaires de la commune bruxelloise de Molenbeek, Mohammed Amri (27 ans) et Hamza Attouh (21 ans), étaient dans une voiture contrôlée par des gendarmes français dans le nord de la France alors qu'elle remontait de Paris vers Bruxelles, quelques heures après les attentats qui ont fait au moins 129 morts vendredi soir.

Selon plusieurs médias, ils ont déclaré en garde à vue qu'ils avaient déposé Salah Abdeslam, qui se trouvait avec eux lors du contrôle, samedi matin dans Bruxelles, où ce Français de 26 ans est né et a grandi.

La police belge avait monté lundi matin une opération d'envergure à Molenbeek pour tenter d'interpeller ce suspect clé, qualifié d'"ennemi public numéro un" par les médias belges, mais ils n'ont pas réussi à l'interpeller.

Niveau d'alerte relevé

Dans la nuit de lundi à mardi, les autorités ont décidé de relever le niveau de menace pour toute la Belgique au niveau 3, ou grave (menace possible et vraisemblable), ce qui a entraîné l'annulation d'un match de football amical Belgique-Espagne prévu mardi soir à Bruxelles.

Cette décision est directement liée au fait que Salah Abdeslam est toujours en fuite et pourrait se terrer en Belgique, a reconnu le ministre belge de l'Intérieur Jan Jambon. "Il y avait des indications qu'il se trouvait à Molenbeek. On n'a pas réussi à l'interpeller. Ceci a conduit à relever le niveau d'alerte", a-t-il expliqué sur la radio publique flamande. "Je pars du principe qu'on reste au niveau 3 tant qu'il est dans la nature". Les forces de l'ordre belges "font tout pour trouver cet homme et l'arrêter", a promis M. Jambon.

520 militaires déployés

Jusqu'à 300 militaires en plus des 220 déjà mobilisés seront déployés dans les rues en Belgique, principalement dans les grandes villes, à la suite du relèvement du niveau de la menace terroriste, a annoncé mardi le Premier ministre Charles Michel.

A la suite de la décision du Centre de crise, la police a demandé, à titre temporaire et ponctuel, un appui supplémentaire de la Défense pour la surveillance statique de certains lieux. La Défense déploiera des militaires supplémentaires, en priorité dans les grandes villes, selon un communiqué de M. Michel.

"Ce mardi, jusqu'à 300 militaires supplémentaires, en plus des 220 actuels, seront déployés. Au total, jusqu'à 520 pourront être déployés. Dans les prochains jours, la police et le Centre de crise évalueront de manière constante la situation et la capacité nécessaire. Les lieux exacts dans lesquels les militaires apporteront leur soutien seront déterminés par la police".


Des seringues retrouvées dans la chambre d'hôtel de Salah Abdeslam

Salah Abdeslam, avait réservé deux chambres d'hôtel à Alfortville, dans la commune tranquille du Val-de-Marne (Île-de-France), pour préparer les attentats de Paris, rapportent plusieurs médias français mardi. Selon Le Point, à l'origine de l'information, Salah Abdeslam était arrivé avec ses complices deux jours avant de perpétrer leur massacre de masse.

Samedi soir, les enquêteurs ont perquisitionné les deux chambres où six personnes auraient pu séjourner. L'hôtel n'est pas équipé de caméras de vidéosurveillance. La police judiciaire a relevé les traces ADN des occupants et a saisi le disque dur de l'ordinateur de la réception, selon l'hebdomadaire français.

Parmi les objets trouvés sur place figuraient "un lot de seringues, un jeu d'aiguilles courtes et des fils d'intubation éparpillés au milieu de la table ronde du salon", ajoute Le Point. S'il s'agit de seringues destinées à fabriquer des explosifs, il n'est pas impossible qu'elles aient été utilisées par les terroristes pour se droguer avant l'attaque, rapportent plusieurs médias. Les analyses confiées à la police technique et scientifique devront déterminer à quoi exactement ont servi ces instruments médicaux.


Une voiture suspecte, immatriculée en Belgique, retrouvée à Paris

Une voiture immatriculée en Belgique, qui pourrait avoir servi à la préparation des attentats de vendredi soir dans la capitale française, a été retrouvée mardi matin à Paris, a appris l'AFP de sources policières. "Une Clio noire, retrouvée place Albert-Kahn dans le 18e arrondissement (nord) de Paris, pourrait avoir servi à la préparation des attentats", ont expliqué des sources policières. "Cette voiture a été aperçue sur l'autoroute A1 (desservant le nord de la France), dans le cadre de ce qui pourrait être des liaisons préparatoires entre Paris et la Belgique", a précisé l'une de ces sources.

"Toutefois, seule l'analyse de la voiture par la police scientifique pourra déterminer son implication", a nuancé une autre source policière.

Le véhicule, garé en partie sur un passage piéton dans un virage, est immatriculé en Belgique, a rapporté une journaliste de l'AFP.

Les opérations de vérification de déminage, visant à déterminer si le véhicule était piégé, se sont terminées en milieu de matinée. La police scientifique a travaillé sur le véhicule qui a été enlevé à 11H00 (10H00 GMT).