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Le favori du premier tour de la présidentielle au Brésil, Jair Bolsonaro, candidat de l'extrême droite, a été grièvement blessé jeudi lors d'une attaque à l'arme blanche alors qu'il faisait campagne, a annoncé son fils.

Flavio Bolsonaro, après avoir dans un premier temps évoqué des "blessures superficielles", a déclaré sur Twitter que son père, hospitalisé en urgence, avait "le foie, un poumon, et une partie de l'intestin perforés" et "avait perdu beaucoup de sang".

L'hôpital où le député a été admis en urgence a ensuite indiqué que M. Bolsonaro avait été examiné pour "une lésion dans la région de l'abdomen" et qu'il allait être opéré.

Des images télévisées ont montré M. Bolsonaro, juché sur les épaules de sympathisants, recevant un coup violent sous le thorax et s'effondrer en arrière avec une grimace de douleur, avant d'être évacué.

Il était en pleine campagne, vêtu d'un tee-shirt jaune et saluant la foule dans une rue bondée de la ville de Juiz de Fora, une localité de 700.00 habitants dans l'Etat du Minais Gerais (sud-est), à trois heures de route de Rio de Janeiro, quand il a été agressé, un événement rare dans une campagne présidentielle au Brésil.

Un porte-parole de la police militaire de cet Etat a confirmé à l'AFP l'agression qui a visé le candidat de 63 ans, ajoutant qu'un homme avait été arrêté.

Il a précisé que l'auteur de l'attaque, un homme de 40 ans, avait été immédiatement arrêté et qu'il "portait un couteau enveloppé dans un tissu".

M. Bolsonaro, grand admirateur de la dictature militaire (1964-85) et habitué des dérapages racistes, misogynes ou homophobes, arrive largement en tête des intentions de vote du premier tour de la présidentielle (22%).

C'est ce qu'a indiqué le premier sondage réalisé après l'invalidation de la candidature de l'ex-président Lula, jusque-là grand favori malgré sa condamnation à plus de 12 ans de prison pour corruption.

M. Bolsonaro, du petit Parti social libéral (PSL), serait toutefois battu facilement par la quasi totalité de ses adversaires au deuxième tour, selon l'enquête d'opinion publiée tard mercredi.

"Punition exemplaire"

L'ancien capitaine de l'armée est par ailleurs le candidat suscitant le plus de rejet, surtout parmi les femmes, 44% des personnes interrogées affirmant qu'elles ne voteraient jamais pour lui.

La plupart des candidats les plus en vue pour le scrutin ont rapidement condamné l'attaque contre le député d'extrême droite.

L'écologiste Marina Silva, en 2e position dans les sondages derrière lui (12% des intentions de vote) pour le 1er tour, a jugé cette attaque "inadmissible" et évoqué "un double attentat, contre son intégrité physique (de M. Bolsonaro) et contre la démocratie".

Le candidat du PSDB de centre droit Geraldo Alckmin a réagi sur Twitter en estimant que "la politique se fait par le dialogue, et jamais avec la haine".

L'ex-gouverneur de Sao Paulo, a espéré que "l'enquête sur l'attaque subie par le député Jair Bolsonaro sera rapide, et la punition exemplaire", tout en souhaitant un "prompt rétablissement au candidat".

Un autre candidat, Ciro Gomes (centre gauche), a rejeté dans un tweet également "la violence comme language politique" et exprimé sa "solidarité" au député. Il a exigé que "les autorités punissent les responsables de cette barbarie".

© AFP