International Il s'appelle Isaac, il a 15 ans et habite Nairobi. Le soir du Nouvel An, le jeune Kényan s'est retrouvé dans le bidonville de Kibera, l'un des plus grands du pays et a assisté à un viol collectif. "Ils ont dit que la fille était leur prise et qu'ils devaient la violer", raconte-il à la BBC.

Sachant que seul face à des hommes plus forts physiquement et plus âgés, il n'aurait pas la force de lutter, Isaac a pris la décision d'appeler un autre homme à la rescousse pour l'aider. Après 20 minutes, le groupe a finalement laissé la victime s'échapper. Isaac venait tout juste d'être formé par une ONG.

Violences courantes

Au Kenya, Anthony Njangirua et Jacqueline Mwaniki ont décidé de lancer un cours dans les écoles de la ville à destination des jeunes, garçons et filles, âgés de 14 à 18 ans. Le but: faire leur éducation sexuelle, parler du viol, du consentement et leur donner les moyens d'intervenir s'ils assistent à une agression. Des mises en situation sont ainsi prévues.

Un cours qui se déroule sur six semaines à raison de deux heures hebdomadaires. Au total, ce sont 250.000 enfants scolarisés dans plus de 300 écoles qui ont assisté à cette formation.

Important quand on sait que les violences faites aux femmes sont courantes au Kenya. Pour preuve, selon une étude citée par la BBC, un quart des filles qui sont entrées dans les bidonvilles de Nairobi l'an passé disent avoir été victimes d'une agression sexuelle.

"Dans la société africaine, les hommes ont été élevés avec la conviction que les femmes n'ont rien à dire, que les hommes sont la priorité. Nous essayons donc d'abord de changer cette mentalité", explique Anthony Njangirua.

Ce programme connaît un tel succès qu'il va être lancé au Malawi et peut-être bientôt en Ouganda.