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Il fallait bien un psy pour tenter de résoudre les blocages qui empêchent la formation d’un nouveau gouvernement au Maroc, livrant le pays à une crise inédite après cinq mois et demi de consultations et d’immobilisme. Avec sa silhouette élancée et son costume parfaitement ajusté, Saadeddine El Othmani ne manque ni de prestance, ni d’atouts psychologiques pour tenter de démêler l’écheveau tortueux des politiques. Ce psychiatre de 61 ans que le roi Mohammed VI a nommé dimanche Premier ministre apparaît aux antipodes d’Abdelilah Benkirane, son prédécesseur tout en rondeur et Premier ministre depuis 2011, qui n’est pas parvenu à former une majorité parlementaire afin de constituer un nouveau gouvernement.

Le numéro deux du Parti de la justice et du développement (PJD, islamiste), qui a remporté les élections du 7 octobre dernier, a donc repris le flambeau des mains de son "patron". On observera la manière dont ce diplômé de la faculté de médecine de Casablanca prendra le pouls des formations politiques. Il semble d’ores et déjà résolu à rebattre les cartes des négociations puisqu’il a très vite annoncé que les consultations, qu’il a entamées ce mardi, allaient concerner tous les partis représentés au Parlement.

Une ambition forcenée et dévorante

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