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Plusieurs candidats à des postes de gouverneur ou de maire, lors des élections locales de dimanche au Mexique, font campagne depuis une cellule de prison, ou ont été détenus dans le passé.

Une particularité qui ne semble guère choquer la classe politique ou l'opinion publique, dans un pays où la violence est quotidienne.

Voici quelques-uns des cas les plus emblématiques:

- Francisco Lopez, le candidat du PRI (droite) à la mairie de San Carlos (Est), est actuellement derrière les barreaux pour homicide. Interpellé le 19 mai, il est également accusé d'association de malfaiteurs. N'étant pas encore condamné, il continue à jouir de ses droits civiques et peut donc se présenter.

"Je suis sûre que mon père n'a rien commis de ce dont on l'accuse, non seulement moi mais toute la population de San Carlos", assure à l'AFP Fernanda López, sa fille de 15 ans, devenue sa porte-parole.

"Il reste notre candidat et (...) nous sommes sûrs que depuis la prison il va gagner l'élection", a dit de son côté à l'AFP, Sergio Guajardo, dirigeant du PRI dans cet Etat frontalier des Etats-Unis.

Si Francisco Lopez parvient à se faire élire, c'est son suppléant qui gouvernera.

- Cuauhtémoc Blanco, un ancien footballeur international aujourd'hui candidat au poste de gouverneur de l'Etat de Morelos (centre) à la tête d'une coalition de gauche, a été accusé de corruption, de détournement d'argent, de falsification de documents et de liens avec le crime organisé.

Actuel maire de Cuernavaca, M. Blanco, 45 ans, a mené une carrière internationale de footballeur, participant à trois Coupes du monde sous le maillot du Mexique (1998, 2002, 2010).

- Enoc Diaz, candidat aux municipales à Pueblo Nuevo Solistahuacán (Chiapas, sud-est) au nom d'une formation locale associée au PRI et Parti Vert, a passé du temps derrière les barreaux en 2015, accusé de tortures et association de malfaiteurs.

"L'erreur est humaine" a justifié à l'AFP Enoc Hernandez, dirigeant du parti "Podemos Mover a Chiapas", qui dit espérer, de manière énigmatique, que le séjour en prison du candidat l'aura aidé "à changer d'attitude". L'intéressé a cependant été acquitté.

- Carlos Lomeli, candidat du parti Morena (gauche) au poste de gouverneur de l'Etat de Jalisco (ouest), est apparu comme associé du footballeur international mexicain Rafael Marquez dans une entreprise suspectée de liens avec un narcotrafiquant, selon le département au Trésor américain.

M. Lomeli a présenté en conférence de presse deux lettres des autorités mexicaines et du Trésor américain qui selon lui le disculperaient de tout délit.

Sa déclaration de patrimoine s'élève à près de 10 millions de dollars. Quant à son ex-associé Marquez, il joue actuellement sous le maillot mexicain au Mondial de football en Russie.