International Vous ne rêvez pas. Au Royaume-Uni, les familles les plus pauvres se voient refuser l'accès aux funérailles de leurs proches si elles n'ont pas les moyens de s'offrir le service.

Le prix moyen pour des funérailles dans le pays avoisine les 4.500 euros, soit une somme bien trop élevée pour les familles les plus défavorisées. Pour tenter, tout de même, d'aider les personnes en difficulté financière, les administrations locales proposent des services funéraires gratuits, appelés "public health funerals".

Problème: les familles qui ont recours à cette aide publique n'ont tout simplement pas le droit d'assister aux funérailles.

C'est une journaliste du Sunday Times qui a mis au jour ce scandale, en s'infiltrant au sein du conseil de Bracknell Forest dans le Berkshire anglais. Elle s'est présentée comme une membre de la famille d'un défunt qui a bénéficié des aides publiques. À son grand étonnement, on lui a signifié qu'il était impossible de pouvoir assister aux funérailles.

Le journal The Independent raconte même que l'administration locale de Bracknell ne préviendrait même pas les familles de la date de l'enterrement ou de la crémation.

"Personne ne peut assister aux funérailles et personne ne peut garder les cendres", confesse un des responsables locaux à la journaliste sous couverture.

Le journal britannique pense que ce système est utilisé afin de limiter les dépenses pour les administrations locales et de dissuader les personnes à recourir à ce système.

On estime à 4.000 le nombre de personnes qui ont recours à ce procédé par an, pour un coût public avoisinant les 5 millions d'euros.

Le cas de Bracknell est le premier à être rendu public, ce qui laisse supposer que le procédé est bien plus étendu qu'on ne le pense.

L'administration locale s'est montrée très inquiète des révélations du Sunday Times: "Le conseil a toujours mené une politique honnête et convenable par rapport aux Public Health Funerals", a expliqué Steve Londoun, responsable environnement au conseil de Bracknell. "Nous nous emploierons à indiquer plus clairement notre politique concernant ces services. Nous ne refusons en aucun cas le droit de dire adieu à un être cher. Cependant, le conseil Bracknell Forest ne finance pas de service funéraire standard", a-t-il justifié.

En mars dernier, le Sunday Times avait déjà révélé un autre scandale similaire, en découvrant que des enfants avaient été enterrés dans une fosse commune.