International Encore une fois, Emmanuel Macron marque le début de son quinquennat de son empreinte. Le président de la République française a été reçu ce lundi après-midi par le premier ministre Edouard Philippe et le président du Sénat Gérard Larcher aux portes de la Chambre haute.

D'ordinaire un président français n'est pas supposé se présenter au palais du Luxembourg. Une disposition prévue constitutionnellement, à l'article 18, pour mettre en pratique la séparation des pouvoirs législatif et exécutif. Sauf que depuis 2008, et un amendement instigué par Nicolas Sarkozy, ce sont trois présidents successifs qui ont outrepassé cette disposition légale.

Il y a près de dix ans, le président UMP avait poussé la réforme du texte fondateur de la Ve Republique, permettant alors au chef de l'Etat de convoquer les membres du Parlement en Congrès et de s'exprimer face à eux ailleurs qu'au sein d'une des deux assemblées. Sarkozy avait dans la foulée fait usage de cette exception, imité six ans plus tard par François Hollande. Le deuxième président socialiste de la Ve République avait prononcé un vibrant discours, annonçant la mise en place de l'état d'urgence en France, au lendemain des attentats de novembre 2015.

Début du mois, Macron leur avait emboîté le pas et avait déjà convoqué les parlementaires en Congrès à Versailles pour donner l'orientation de son mandat présidentiel. Comme l'indique néanmoins Le Figaro, aucun motif particulier ne le justifiait, à l'inverse des convocations émises par ses deux prédécesseurs. Ce lundi, et alors qu'il est passé sous la porte du palais du Luxembourg, le président trentenaire a franchi un nouveau cap dans le cadre du dossier sur la suppression de la taxe d'habitation. Dans la salle Clemenceau, annexe de la Chambre haute, le président LREM a tenu un discours sur l'effort à fournir par les collectivités locales, mais n'a pas pu s'exprimer au cœur de l'hémicycle, comme seul Valéry Giscard d'Estaing avait été autorisé à le faire en 1975.

Le président appuie un argument de campagne

Emmanuel Macron a confirmé que les collectivités territoriales devraient participer à hauteur de 13 milliards d'euros aux économies sur la durée du quinquennat tout en excluant toute "baisse brutale" des dotations de l'Etat en 2018.

Des économies "intelligentes" sont possibles dans les collectivités territoriales et celles qui ne joueront pas le jeu subiront une "correction", a prévenu le chef de l'Etat lors d'un discours à la conférence des territoires au Sénat.

Il a par ailleurs confirmé que la taxe d'habitation serait supprimée progressivement sur trois ans pour 80% des Français et a proposé la mise en place d'une commission de travail pour refondre la fiscalité locale en vue de la suppression progressive de cette taxe. Une part de la CSG pourrait être dirigée vers les communes, a-t-il suggéré.