International A cinq minutes de vol de la frontière ukrainienne, quatre Eurofighter Typhoon assurent la police de l’air en mer Noire. Reportage en Roumanie.

Un soleil de plomb écrase la piste de la base Mihail Kogalniceanu, à l’est de la Roumanie. Réacteurs hurlants, l’Eurofighter Typhoon codé 921 de la Royal Air Force s’élance en flèche dans le ciel laiteux. La très britannique RAF au bord de la mer Noire ? A l’extrémité nord de la piste, deux autres Typhoon attendent sous abris. Ils décolleront quelques minutes plus tard pour une mission d’entraînement à la police de l’air.

Ce que font notamment les F-16 belges en Estonie ou en Lituanie, depuis 2004, dans l’espace de la mer Baltique, d’autres appareils de l’Otan l’effectuent depuis cette année pour la surveillance de l’espace aérien allié sur la mer Noire et dans le sud-est européen. Au sommet de l’Otan, à Varsovie, les 8 et 9 juillet 2016, David Cameron, alors Premier ministre britannique, avait fait mention de ce déploiement, en marge de la constitution de quatre bataillons déployés dans les pays baltes et en Pologne.

Comme le souligne Dylan P. White, porte-parole de l’Otan, "l’une des différences clés tient au fait que les Etats baltes ne disposent pas de leurs propres armées de l’Air". Raison pour laquelle les pays de l’Alliance atlantique se relaient en permanence depuis l’intégration de la Lettonie, de l’Estonie et de la Lituanie dans l’Organisation, en 2004. Entre l’enclave russe de Kaliningrad et la Russie circule un important trafic aérien militaire, qui entraîne des interceptions de plus en plus fréquentes.