International

En revanche, le Suédois Osama Krayem, inculpé tant en France qu’en Belgique dans les attentats de l’Etat islamique, a bien participé à l’horrible exécution du pilote jordanien, brûlé vivant dans une cage en janvier 2015.

L’information classifiée, révélée vendredi par "La Dernière Heure", est confirmée de bonne source.

C’est "une conjonction d’éléments et de faits" qui a permis aux policiers de l’antiterrorisme, la DR3 (PJF de Bruxelles), d’arriver à cette conclusion il y a plusieurs semaines déjà.

Un détail physique

L’un de ces éléments est qu’une caractéristique physique du terroriste a été reconnue, malgré le masque qu’il portait, dans les vidéos et images qui ont été diffusées à l’époque par l’agence de propagande de Daech, Al-Furqan. Des informations livrées par des services de renseignement ont aussi permis d’identifier Krayem parmi les bourreaux. "Il n’y a pas de Belge" parmi les autres exécutants, assure cette source.

Le pilote de la force aérienne jordanienne avait été capturé près de Raqqa en Syrie, le 21 décembre 2014, après que son F-16, qui participait à des frappes aériennes, a connu une défaillance technique. Les djihadistes de Daech avaient récupéré Maaz al-Kassasbeh dans l’eau. Il avait été exécuté selon un scénario macabre. Une dizaine d’hommes armés en tenue militaire désert assistaient à l’exécution tandis que l’un d’eux avait allumé le filet de pétrole qui allait embraser la cage.

Cette exécution avait provoqué un sentiment d’horreur en Jordanie, où le roi Abdallah II avait aussitôt déclaré des représailles aériennes et fait exécuter plusieurs militants islamistes. Il est fort probable que la Jordanie demandera l’extradition de Krayem, ce qui posera un problème dans la mesure où ce dernier est l’un des principaux suspects des attentats de Bruxelles.

Osama Krayem, sac d’explosifs sur le dos, avait été filmé le 22 mars 2016 à la station de métro Pétillon avec Khalid El Bakraoui, qui s’est fait exploser quelques minutes plus tard à la station Maelbeek. Il a déclaré avoir renoncé à se faire exploser, puis avoir fait disparaître le TATP dans les toilettes de la planque d’Etterbeek.

Le Suédois a aussi été inculpé en France le 11 juin dernier pour "complicité" dans la tuerie de Paris. Il dément toute participation à ces attentats qui avaient fait 130 morts le 13 novembre 2015. Ce fils de réfugiés syriens, né à Malmö en 1992, radicalisé en Suède, avait rejoint la Syrie en 2014.

Un Syrien aussi arrêté

A noter qu’à la mi-mai on a appris qu’une opération irako-américaine a permis d’arrêter un autre bourreau présumé du pilote, le Syrien Saddam Al-Jamal.

Ce dernier avait dirigé un bataillon de l’Armée syrienne libre (ASL) jusqu’en décembre 2013, avant de passer dans les rangs de Daech. Al-Jamal a opéré en partie dans la ville syrienne de Deir Ezzor où Krayem a été lui-même basé en 2015, comme en atteste un courrier Facebook envoyé à son frère en janvier de cette année-là.