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Des informations de presse ont fait état d'une visite secrète à Pyongyang de Mike Pompeo lors du week-end de Pâques. Alors que Donald Trump évoque l'approche de sa visite présidentielle, le directeur de la CIA et futur secrétaire d'Etat aurait rencontré le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Voici quelques éléments sur les précédentes visites de personnalités américaines dans le pays reclus.

Madeleine Albright, un bref apaisement

En 2000, sous la présidence de Bill Clinton, elle devint la première secrétaire d'Etat américaine à se rendre à Pyongyang, 50 ans après le début de la guerre sur la péninsule.

Mme Albright avait dansé avec de jeunes enfants et offert un ballon de basket portant l'autographe de la superstar Michael Jordan au numéro un de l'époque Kim Jong Il. Celui-ci s'était dit "très heureux" de ses discussions avec la délégation américaine.

Cette visite destinée à refréner le programme balistique nord-coréen avait débouché sur un bref dégel, avant la résurgence en 2002 des tensions dues aux ambitions nucléaires de Pyongyang.

Bill Clinton, un ex-président pour la libération de deux journalistes américains

Après ce voyage, M. Clinton avait évoqué un temps la possibilité d'imiter Mme Albright avant de renoncer. C'est comme ex-président qu'il s'est rendu à Pyongyang en 2009, obtenant la libération de deux journalistes américains entrés sans visa en Corée du Nord par la Chine.

Jimmy Carter, en habitué à Pyongyang

A la demande de Bill Clinton, M. Carter fut le premier ex-président américain à visiter Pyongyang en 1994. Il avait mis sur les rails un accord sur le nucléaire qui avait fini par voler en éclats.

En 2010, retour en Corée du Nord pour négocier la libération d'un autre détenu américain, avant une troisième visite l'année suivante pour améliorer les relations bilatérales.

En 2017, M. Carter avait proposé ses services comme émissaire de paix, essuyant une fin de non recevoir de l'administration Trump.

Bill Richardson, diplomate et négociateur

On a vu souvent à Pyongyang le diplomate, ancien ambassadeur à l'ONU, depuis le début des années 1990.

En 2007, il avait négocié le retour des dépouilles de six soldats américains tués durant la guerre de Corée (1950-53) et avait accompagné Eric Schmidt, alors président de Google, dans une tentative ratée pour obtenir la libération d'un missionnaire américano-coréen.

Le diplomate était également à la manoeuvre pendant d'autres négociations pour la libération d'otages. La dernière en date concerne Otto Warmbier, un étudiant décédé peu après sa libération.

James Clapper, visite secrète de l'ancien patron des renseignements

L'ancien patron du renseignement s'est secrètement rendu à Pyongyang en 2014 pour négocier la libération de deux prisonniers. Si sa mission fut un succès, il avait expliqué que ses hôtes semblaient déçus qu'il ne soit pas porteur d'une proposition de paix plus large.

Franklin Graham, prédicateur auprès des cadres d'un régime hostile à la religion

Le prédicateur baptiste s'est rendu au Nord à au moins cinq reprises, nouant des relations rapprochées avec les cadres d'un régime pourtant hostile à la religion.

En 2011, il avait exhorté avec succès les autorités à relâcher un homme d'affaires californien arrêté pour activités missionnaires présumées.

Son père, le "pasteur des présidents" Billy Graham, a visité deux fois le Nord au début des années 1990 pour rencontrer le fondateur du pays, Kim Il Sung.

Dennis Rodman, ex-star de NBA et "ami pour la vie" de Kim Jong Un

Le dirigeant actuel Kim Jong Un, grand fan de basketball, avait accueilli à bras ouverts l'excentrique ex-star de la NBA lors de sa première venue en 2013. L'ancien Chicago Bull est retourné plusieurs fois dans le pays pour y rencontrer "son ami pour la vie" auquel il avait aussi chanté "Bon anniversaire".