Barbara Res, la femme qui a bâti la Trump Tower et a marché contre Donald Trump
- Publié le 24-01-2017 à 15h30
- Mis à jour le 02-02-2017 à 08h02

Barbara A. Res a été l'une des premières femmes à s'imposer dans le monde très masculin de la construction. Entre 1980 et 1984, elle a joué un rôle majeur dans l'érection de la Trump Tower, la célèbre tour de Donald Trump sise à New York. Ce week-end, elle a pourtant participé à la "marche des femmes" qui visait à s'opposer au Président des Etats-Unis.
"Cela m'a pris 8h pour rentrer à la maison, mais ça en valait la peine", explique Barbara Res qui a attiré l'attention des autres marcheuses grâce à sa pancarte. "I am the woman who built Trump Tower" (je suis celle qui a bâti la Trump Tower) au recto et "Not My President" (pas mon président) au verso. "Je tenais à y aller pour témoigner de ma solidarité avec les autres femmes et hommes qui soutiennent nos efforts pour assurer des droits égaux pour tout le monde. Mais la vérité, c'est que c'était aussi pour protester contre la présidence de Donald Trump et tout ce que ça implique", continue-t-elle au Huffington Post.
Beaucoup de gens l'ont remerciée d'être venue à cette marche et ont fait d'elle un symbole. Elle a même été reprise sur le compte Instagram de Rihanna. "Mais le but, c'était de protester, pas de parler de moi. J'ai donc rappelé que Trump était opposé à l'avortement, à un salaire équitable et a balayé l'idée de harcèlement sexuel".
"Je n'arrive pas à croire que le moins qualifié, le moins digne, le plus odieux des candidats est aujourd'hui en fonction. Je ne peux pas l'accepter. Pendant un instant, j'ai pensé que je devais être derrière le président mais il représente tout ce à quoi je m'oppose. En plus des problèmes qu'il pose aux femmes, il mène aussi une politique raciste", regrette l'ingénieure. "J'espère juste qu'il ne fera pas trop de dégâts".
"Méchante", "dangereuse", "horrible" : Donald Trump se lâche
Barbara Res qui a donc côtoyé Donald Trump avant son élection au pouvoir raconte comment elle s'est retrouvée "à son service" et pourquoi elle ne le soutient absolument pas.
Elle était ingénieure et travaillait déjà lorsqu'il est venu la débaucher. "Il m'a dit que si les hommes étaient meilleurs que les femmes, une femme brillante était meilleure que dix hommes brillants. Il savait que dans le monde de la construction, je devais toujours donner le meilleur de moi-même car j'étais une femme. C'était ce qu'il voulait. Il m'appelait "la tueuse".
La dame aujourd'hui âgée de 67 ans avoue avoir gardé de bonnes relations avec lui pendant tout un temps, jusqu'à ce qu'elle écrive son livre "All Alone on the 68th floor : How One Woman Changed the Face of Construction". "Quelqu'un a dû lui dire que mon livre n'était pas bon pour lui, ce qui n'était pas vrai. Quand je l'ai revu, il a été méchant avec moi et a dénigré mon livre. Je ne lui en ai jamais voulu. Je lui ai même écrit pour lui dire que j'avais été surprise et blessée par sa réaction. Mais je n'ai jamais eu de nouvelles".
Lorsqu'il a appris qu'elle avait révélé publiquement ne pas vouloir voter pour lui, il a aussitôt tweeté qu'elle était "méchante" et a répété lors de conférences de presse qu'elle était "dangereuse" et "une horrible personne".
Un double discours?
Dans une interview à CNN donnée il y a plusieurs mois, Barbara Res affirmait que Trump "était capable d'agressions sexuelles". "Je l'ai vu agressif en affaires, je l'ai vu se servir du fait qu'il avait du pouvoir".
Pourtant le Daily Mail livre une autre version de l'histoire. Dans son livre, Barbara Res aurait en effet écrit que Donald Trump était "le moins misogyne de tous les patrons qu'elle ait eus". Après avoir consulté des emails échangés entre Barbara et Rhona Graff, le vice-président de la Trump Organization, le Daily Mail explique qu'elle aurait changé d'opinion sur Donald Trump lorsque celui-ci aurait refusé de la réembaucher quelques années plus tard alors qu'elle avait des problèmes financiers. Face à ces accusations, la dame s'était contentée de répondre au Daily Mail qu'elle "ne donnait pas d'interviews".
Quoiqu'il en soit, et peu importe ses motivations, le combat de la sexagénaire est aujourd'hui le même que celui de millions d'autres femmes à travers le monde.
