International

La succession de Carles Puigdemont n’est toujours pas réglée. Ce jeudi, c’est Jordi Turull (Ensemble pour la Catalogne, JxC), qui a été présenté pour reprendre le siège laissé vacant, seul souci, ce dernier devait comparaître le lendemain devant le juge Pablo Llerena du Tribunal suprême.

Cette candidature doit être regardée comme un... troisième choix, Puigdemont ayant opté pour un exil à Bruxelles, tandis que son “dauphin naturel”, Jordi Sánchez (JxC aussi) est, lui, incarcéré avec trois autres dirigeants indépendantistes.

Et la situation de Jordi Turull n’est guère plus appréciable, l’homme est en liberté sous caution, inculpé de rébellion, sédition et malversation de fonds publics. Ce vendredi, le juge décidera s’il peut rester en liberté sous caution en attendant d’être jugé. Si le juge en décide aurement et qu’l renvoit Jordi Turull derrière les barreaux, le parlement catalan devra se chercher un nouveau candidat pour la présidence de la Generalitat.

Pour les indépendantistes, Turull est un élu qui conserve tous ses droits, y compris la possibilité d’être investi comme président du parlement catalan. Dans le camp d’en face, le choix de Jordi Turull est vécu comme une énième provocation des indépendantistes à l’égard de Madrid. “M. Turull n’est pas un (vrai) candidat à la présidence de la Generalitat. Il n’est candidat qu’aux seuls effets de prolonger la confusion actuelle”, a déclaré Inès Arrimadas, chef du groupe parlementaire de Ciutadans (libéraux anti-indipendantistes).

Abstention de l’extrême gauche

Les trois groupes indépendantistes (JxC, ERC - gauche républicaine - et la CUP - extrême gauche indépendantiste) portent la candidature de Jordi Turull mais sans avoir un accord précis entre eux. Sans la CUP, groupe minoritaire et plus petit parti de la chambre, JxC et ERC ne disposent pas de la majorité au parlement catalan. Or, les députés de la CUP se sont abstenus face au candidat Turull parce qu’ils se méfient des promesses des autres souverainistes de “faire baisser les tensions”, une posture qu’ils considèrent comme une capitulation face au Premier ministre espagnol Mariano Rajoy (conservateur).