Barcelone s'embrase

AFP Publié le - Mis à jour le

International

De nouveaux incidents ont éclaté mercredi à Barcelone, pour la troisième soirée consécutive, après l'évacuation lundi d'un immeuble occupé depuis 17 ans, squat emblématique transformé en un centre social apprécié des habitants du quartier populaire de Sants.

Environ 2.000 personnes, selon un journaliste de l'AFP, sont venues mercredi soir de différents quartiers de Barcelone pour manifester aux abords de l'immeuble de Can Vies.

Les policiers ont chargé lorsque les manifestants ont tenté de forcer un cordon. Des groupes se sont alors dispersés, incendiant des poubelles, brisant des vitrines et jetant des pierres ou des bouteilles sur les forces de l'ordre.

Lundi, puis mardi, des incidents semblables avaient éclaté lorsque des habitants de Sants, un quartier animé par un solide tissu social et associatif, rejoints par des groupes de jeunes, avaient manifesté contre l'évacuation et la démolition de l'immeuble.

Dans la nuit de mardi à mercredi, certains des manifestants avaient mis feu à la pelleteuse qui travaillait depuis lundi à la démolition de l'immeuble, au cours d'une nouvelle nuit d'affrontements entre défenseurs du centre, habitants du quartier et la police régionale catalane.

Huit personnes en tout avaient été interpellées lundi et mardi.

"C'est une attaque contre un modèle de quartier différent", assurait mercredi un représentant de Can Vies, Pau Guerra.

"Sants est un quartier très combatif et le tissu associatif y a toujours été très serré. Pendant 17 ans, le centre Can Vies s'était parfaitement intégré à ce tissu associatif", soulignait-il.

"La violence dans cette ville est absolument inacceptable", a de son côté relevé le maire conservateur de Barcelone, Xavier Trias, vivement critiqué par les squatteurs.

Appartenant à TMB, l'entreprise qui gère les transports publics de Barcelone, l'immeuble Can Vies était occupé depuis 1997 par des groupes de la gauche radicale et s'était transformé au fil des années en un centre social très populaire de la capitale catalane, où étaient organisés des concerts, des projections de films, des débats ou des ateliers de formation.

En 2006, son propriétaire avait décidé de le récupérer pour le détruire afin de réaménager le paysage urbain, dans ce secteur où passent des lignes de métro et de train à grande vitesse, situé non loin de la gare de Sants, la plus importante de Barcelone.

Après des mois de négociations entre la mairie, TMB et les occupants de l'immeuble, un tribunal avait fixé à lundi la date d'expulsion des occupants de Can Vies. La destruction de l'immeuble a commencé immédiatement après.

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