International CORRESPONDANT PERMANENT à PARIS

Retour à la fin avril. Entre les deux tours de la présidentielle, François Bayrou et Ségolène Royal avaient quelque peu ému leurs troupes. Le premier en annonçant qu'il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy, ce qui avait entraîné le ralliement à l'UMP de la plupart de ses députés. La seconde en songeant à nommer des centristes dans son gouvernement voire à Matignon si elle était à l'Elysée, ce qui avait ulcéré l'aile gauche du PS et l'extrême gauche.

Bis repetita entre les deux tours des législatives.

Mardi, François Bayrou a confirmé que son MoDem ne donnerait pas de consigne de vote pour les circonscriptions où son parti est absent du second tour, le MoDem tenant à "son indépendance" . Du coup, nouveaux remous parmi ses alliés. Corinne Lepage a, elle, soutenu explicitement des candidats députés favorables à l'environnement : Yves Cochet à Paris et Alain Juppé à Bordeaux. Azouz Begag à Lyon et Marielle de Sarnez à Paris ont appelé implicitement à voter pour la gauche, et Thierry Cornillet à voter pour la droite dans la Drôme. Dans l'Isère, le candidat UDF a demandé à ses électeurs de "faire battre tout candidat représentant un système marqué par la corruption ou les affaires" - allusion à l'ex-ministre Alain Carignon. Et à Drancy (banlieue parisienne), Jean-Christophe Lagarde a formalisé son rapprochement avec Nicolas Sarkozy.

Au PS, le coup de fil de Ségolène Royal à François Bayrou a pareillement fait des vagues. François Hollande, préférant mobiliser les abstentionnistes de gauche plutôt que les centristes, s'en est distancié dès lundi (LLB du 12/6). Mardi, Dominique Strauss-Kahn a fustigé un PS qui "tire à hue et à dia" , où "les décisions ne sont malheureusement plus collectives" , et Laurent Fabius, jugeant qu'"on ne peut pas faire les choses comme ça au coup par coup" , a rejeté toute "combinaison d'appareils" .