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La Belgique et les Pays-Bas ont donné jeudi le coup d'envoi à l'achat en commun de seize navires militaires - deux frégates et six navires de lutte contre les mines pour chaque pays - pour un montant total de plus de quatre milliards d'euros, avec des livraisons des nouveaux bâtiments attendues à partir de 2023 et jusqu'à la fin de la prochaine décennie. 

Les ministres de la Défense belge et néerlandais, Steven Vandeput et Ank Bijleveld, ont signé, en marge d'une réunion à l'Otan, deux Memorandums d'entente (MoU) qui "donnent le coup d'envoi" à la procédure d'achat de ces navires, selon l'expression de M. Vandeput.

Les Pays-Bas assureront la direction du programme des nouvelles frégates, alors que la Belgique prendra en charge la construction de douze nouveaux navires de lutte contre les mines pour les deux pays.

La Belgique et les Pays-Bas ont chacun prévu de consacrer un montant d'environ un milliard d'euros à chaque contrat.

Les nouvelles frégates doivent remplacer quatre bâtiments multirôles - ou "M-fregatten" - entrées en service au début des années 1990 et dont la Belgique a racheté deux exemplaires aux Pays-Bas en décembre 2005 pour 230 millions d'euros, le Leopold 1 et le Louise-Marie.

Les nouvelles "plate-formes" de lutte contre les mines (MCM en jargon militaire) remplaceront pour leur part les chasseurs de mines tripartites (CMT car construits à l'époque en coopération par la France, la Belgique et les Pays-Bas) dont la Marine belge possède encore cinq exemplaires et le vénérable navire de commandement et de soutien logistique Godetia.

"La qualité (des nouvelles frégates) sera vraiment différente. Nos capacités marines communes feront un pas en avant", a souligné Mme Bijleveld lors de la cérémonie de signature des MoU.

Polyvalentes, elles disposeront d'un potentiel de croissance et permettront l'intégration de systèmes sans pilote. La mise en service du premier bâtiment belge est prévue en en 2027, dans la foulée de celle des frégates néerlandaises.

Quant aux futurs navires de lutte contre les mines, leur développement et leur construction seront assurées par la Belgique dans le cadre d'un appel d'offres européen.

"La signature de ces MoU permet de lancer l'appel aux candidats sélectionnés", a indiqué M. Vandeput alors que quatre consortiums restent en lice pour ce marché, selon une source militaire.

La livraison du premier navire MCM, à la Belgique, est prévue en 2023, selon le "patron" de la marine belge, l'amiral de division Wim Robberecht.

Le Conseil des ministres a approuvé le programme MCM le 25 janvier dernier et celui des frégates le 25 mai.

La Belgique et les Pays-Bas coopèrent étroitement sur le plan naval, avec la mise en 1996 d'un état-major opérationnel conjoint établi à Den Helder (nord-ouest des Pays-Bas), appelé ABNL (pour Amiral Benelux). La coopération s'est ensuite étendue à la formation, à l'entraînement et à la logistique, l'entretien des actuelles frégates étant assuré aux Pays-Bas et celui des chasseurs de mines s'effectuant à Zeebrugge.

"Nous sommes aujourd'hui devenus un exemple pour le monde en matière de coopération de défense", a fait valoir M. Vandeput.

Les deux nouvelles frégates multirôles pourront être déployées pour des missions nationales et internationales, dans le cadre de l'Otan ou de l'Union européenne.

Le port d'attache des nouvelles frégates sera Zeebrugge et leur maintenance aura lieu à Den Helder.