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Détente en vue au Congo, une semaine après les violences armées lors de la proclamation des résultats du premier tour des présidentielles?

On l'espère, après que les états-majors politiques du président sortant, Joseph Kabila, et du vice-président chargé de l'Economie, Jean-Pierre Bemba, se soient rencontrés, mardi, à Kinshasa - en terrain neutre: les locaux de la Mission de l'Onu au Congo (Monuc) - et se soient mis d'accord sur plusieurs points.

Enquête

Les deux équipes ont, en effet, décidé qu'elles constituaient une «commission mixte» et qu'elles créaient deux sous-commissions devant entrer en fonction dès ce mercredi.

La première est chargée de mener une enquête «indépendante» sur les violences d'il y a une semaine. La garde prétorienne du président Kabila avait, le lundi 21 août, bombardé la résidence de Jean-Pierre Bemba, où ce dernier recevait alors une quinzaine d'ambassadeurs qui avaient dû s'abriter dans la cave du bâtiment de 16h30 à 22h30, avant d'être évacués par la force d'intervention rapide européenne Eufor.

Selon les informations recueillies par «La Libre Belgique», la présidence et les forces de sécurité congolaises avaient été prévenues de la visite des ambassadeurs à M. Bemba.

La veille au soir, la garde présidentielle avait déjà tenté d'empêcher - par des tirs, de 18h à 23h, autour du siège de la Commission électorale indépendante (CEI) - la proclamation des résultats qui, au grand désarroi de l'équipe Kabila, ne donnaient pas la majorité absolue au Président sortant et le contraignaient donc à un second tour. La Monuc avait finalement emmené, à bord de 15 blindés, les principales figures de la CEI à la télévision nationale, où les résultats avaient été proclamés: 44,81 pc pour Joseph Kabila, 20,03 pc pour Jean-Pierre Bemba.

Règles de conduite

La réunion de la commission mixte, mardi, a également décidé la création d'une seconde sous-commission chargée de «définir les règles de conduite afin que la campagne électorale pour le second tour de l'élection présidentielle et la période post-électorale se déroulent dans le calme».

Selon les informations recueillies par «La Libre Belgique», M. Bemba exige la réouverture de ses deux télévisions fermées illégalement par le camp Kabila; le remplacement de son hélicoptère personnel, détruit le 21 août par les tirs de la garde de son rival; que toute rencontre entre les deux candidats au second tour se fasse en terrain neutre.

M. Kabila, de son côté, ne veut pas être placé sur pied d'égalité avec son rival et, donc, ne le rencontrera qu'à la présidence. Jugeant apparemment que le temps joue pour Bemba, il exige en outre que soit avancée la date du second tour, fixé par la CEI, au 29 octobre.

© La Libre Belgique 2006