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Silvio Berlusconi a ouvert la voie mercredi soir à la formation du premier gouvernement antisystème en Italie, et en Europe, en donnant son feu vert à un accord en ce sens entre son alliée la Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 étoiles (M5S).

Les deux formations, qui disposent de la majorité au Parlement depuis les élections législatives du 4 mars, doivent cependant encore s'entendre sur un chef de gouvernement et un programme commun.

Depuis deux mois, le vieux milliardaire qui a dirigé la droite italienne pendant 25 ans apparaissait comme le principal obstacle à un tel accord.

Pour Luigi Di Maio, chef de file du M5S, il était le symbole de tous les maux de l'Italie et donc infréquentable, tandis que pour Matteo Salvini, patron de la Ligue, il restait au contraire un allié précieux, qu'il a toujours refusé de lâcher.

Au fil des semaines, MM. Di Maio et Salvini, qui revendiquaient tous deux de diriger le gouvernement, ont finalement renoncé en faveur d'une personnalité qu'il leur reste encore à choisir ensemble.

Dans un communiqué mercredi soir, M. Berlusconi a répété qu'il aurait souhaité la formation d'un gouvernement minoritaire dirigé par la coalition droite/extrême droite, qui a remporté 37% des voix et où la Ligue est désormais la première force.

"Le chef de l'Etat n'a pas considéré que cette voie était praticable, j'en prends acte", a écrit le magnat des médias, tout en précisant que les élus de son parti Forza Italia (FI) ne voteront la confiance à un gouvernement du M5S, premier parti du pays avec plus de 32% des voix, jugeant qu'il n'avait "pas la maturité politique pour assumer cette responsabilité".

Mais "si une autre force politique de la coalition de droite veut assumer la responsabilité de former un gouvernement avec les 5 étoiles, nous prendrons acte de ce choix avec respect", a-t-il assuré.

Après plus de deux mois de discussions infructueuses, le président Sergio Mattarella s'était prononcé lundi en faveur d'un gouvernement "neutre" chargé de gérer le pays jusqu'en décembre, avant de nouvelles élections début 2019.

Il devait présenter mercredi après-midi la personnalité choisie pour diriger cette équipe. A la mi-journée, le palais présidentiel a toutefois annoncé que la Ligue et le M5S, fermement opposés à l'idée d'un gouvernement technique, avaient demandé un délai de 24 heures.

Ensemble, les deux formations disposent d'une majorité au Sénat et à la Chambre des députés, et pourraient bénéficier au coup par coup du soutien actif ou au moins d'une abstention bienveillante des partenaires de la coalition de droite, dont Forza Italia.

Les divergences semblent importantes entre la Ligue, formation nationaliste proche du Front national français, qui a fait le plein des voix au Nord sur la promesse de baisses drastiques d'impôts, et le M5S, plus ambivalent sur l'Union européenne et plébiscité par le Sud pour avoir promis un revenu de citoyenneté.

Mais les deux partis ont en commun un rejet des forces politiques traditionnelles et des promesses en matière de retraites, de lutte contre l'immigration ou de moralisation de la vie politique.