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François Besse, 61 ans, est sorti de la prison de Saint-Maur, après avoir obtenu sa libération conditionnelle. Ce «bandit d'honneur» (le titre de son livre) a été condamné à un total de 28 ans de prison pour des braquages et des évasions, lors de cinq procès qui ont eu lieu entre 1974 et 2002.

L'ex-lieutenant de Jacques Mesrine, l'ennemi public numéro un dans la France des années 70, pouvait demander une libération conditionnelle depuis la mi-2005 et sa première demande a été acceptée.

François Besse, qui n'a jamais eu de sang sur les mains mais s'est fait la belle six fois, s'était notamment évadé de la prison de la Santé, à Paris, avec Mesrine, en mai 1978. Ce sera le début d'une longue cavale, marquée par l'attaque d'une armurerie à Paris, le braquage du casino de Deauville et la prise en otages de la famille d'un cadre de banque.

Une arme sous le banc

Mesrine est tué le 2 novembre 1979, à Paris alors que Besse, qui a gagné Belgique, y est arrêté le 11 mars 1979. Il choisit MeMichel Graindorge pour avocat et fait la connaissance d'un visiteur des prisons, Michel Cheval, qui hébergera sa soeur Noëlle.

Le 26 juillet 1979, Besse s'évade du palais de justice de Bruxelles. Il comparait ce jour-là devant la chambre du conseil, qui doit statuer sur son maintien sous mandat d'arrêt. Besse, libéré de ses liens, s'assied sur le banc qui lui est réservé et sous lequel ont été fixés, avec du sparadrap, un revolver et une clef de moto.

La suite, MeGraindorge, nous l'a rappelée mardi. «Soudain, Besse saisit l'arme, bondit vers le juge Durant et le prend en otage. J'ai crié: «François fais pas le con» mais il avait déjà emmené M. Durant à l'arrière du palais.»

Dans la cour, il s'empare d'une moto volée le 10 février. Il rejoint une planque que lui a préparée Cheval. Le fugitif gagne ensuite la Dordogne et on le soupçonnera de s'être caché dans une propriété appartenant à MeOdette Haas, du barreau de Bruxelles, arrêtée le 26 septembre puis mise hors cause.

Il en sera de même pour MeGraindorge, arrêté le 31 août. L'avocat fera quatre mois de prison, ce qui suscitera une vive émotion en Belgique. Inculpé de complicité d'évasion et de recel, il est acquitté mais Cheval et Françoise Villers sont condamnés à 32 mois de prison avec sursis. Le 13 juillet, Noëlle Besse, poursuivie pour complicité d'évasion, est condamnée à 18 mois avec sursis.

Prise de conscience

Arrêté à Valence, Besse s'évade en février 1983 du fourgon cellulaire qui l'emmenait à Madrid. Sa cavale ne prendra fin qu'en 1994, dans un petit restaurant de Tanger.

Entre-temps, en juin 1990, il a été condamné par contumace à perpétuité. Il est rejugé à Paris pour braquages et évasions et écope de 8 ans de prison. Lors de son incarcération, Besse a appris le métier d'ingénieur du son et suivi des cours de philosophie. Il va travailler dans l'informatique pour une association caritative.

MeGraindorge se réjouit de l'annonce la libération de son ancien client. «Il s'est repris en main et est redevenu un homme parmi les hommes. Sa prise de conscience est exemplaire et je le reverrais avec plaisir.»

© La Libre Belgique 2006