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Les gardiens de prison français ont maintenu dimanche quelques actions symboliques, se préparant à un nouveau "blocage total" des établissements lundi, tandis que deux nouveaux surveillants ont été hospitalisés après avoir été agressés par un détenu dans une prison du nord de la France.

Dimanche soir, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a annoncé qu'elle recevra lundi "l'ensemble des organisations syndicales" pour reprendre le dialogue après le rejet des propositions du gouvernement. Alors que les syndicats ont prévu de reprendre l'épreuve de force, une nouvelle agression contre des surveillants a été rapportée à la prison de Longuenesse (nord). "Un détenu a agressé deux surveillants avec un pied de table et les a touchés au bras. Les surveillants ont été conduits à l'hôpital", a indiqué la Direction de l'administration pénitentiaire. C'est l'agression de surveillants par un détenu djihadiste à Vendin-le-Vieil (nord) le 11 janvier qui a mis le feu aux poudres au sein d'une profession s'estimant mal reconnue. Une série d'agressions les jours suivants a ravivé la colère. 

Vendredi à Borgo (Haute-Corse), deux surveillants ont ainsi été blessés par un détenu signalé pour radicalisation. Le détenu a été mis en examen dimanche pour "tentative d'assassinat". Les trois principaux syndicats de la pénitentiaire appellent à un "blocage total" lundi, un "mouvement reconductible", "jusqu'à ce que le gouvernement entende (leurs) revendications". Dimanche, le mouvement se poursuivait comme la veille, au ralenti, hormis dans deux prisons totalement bloquées, dont une en Corse. "Aujourd'hui, on se prépare. Les collègues vont chercher des pneus et des palettes pour les barrages de demain", a indiqué un surveillant en Normandie (ouest). Dans un communiqué, la ministre de la Justice Nicole Belloubet avait pris "acte du refus" des deux organisations syndicales ayant négocié avec le gouvernement durant la semaine de signer un texte apportant, selon elle, des "mesures concrètes pour renforcer la sécurité des personnels et des moyens", notamment la création de 1.100 emplois sur quatre ans et une prise en charge spécifique des détenus radicalisés.