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Un élu local tire la sonnette d'alarme!

Le groupe islamiste Boko Haram a perpétré de nouveaux massacres et des enlèvements dans la ville de Michika, dans le nord-est du Nigeria, et dans plusieurs autres villages à proximité, a dénoncé lundi un élu local, qui réclame un renfort de l'armée à cet endroit.

"Ces deux dernières semaines, (Boko Haram) s'est mis à mener des attaques de grande envergure dans cette région" de l'Adamawa, un des trois Etats les plus touchés par l'insurrection islamiste, a déclaré Adamu Kamale, député de ce district, à l'AFP.

Les islamistes "font du porte-à-porte et ils abattent des gens, dont des personnes âgées. Ils enlèvent les femmes et les enfants et ils brûlent des maisons", a-t-il poursuivi.

"Les assaillants massacrent les hommes comme s'il s'agissait d'animaux", s'est indigné M. Kamale. "Nous nous sommes plaint plusieurs fois auprès de l'armée, mais rien n'a été fait" pour assurer la protection de la ville, a-t-il déploré. "Les insurgés mènent leurs attaques en toute impunité".

L'armée nigériane, contactée par sms lundi, n'a pas réagi aux propos de M. Kamale.

Michika est sous le contrôle de Boko Haram depuis septembre. Plus d'une vingtaine de localités du nord-est sont tombées aux mains du groupe islamiste, qui dit y avoir créé son "califat".

Selon le député, "70% des habitants de ce district ont été délogés (...) certains ont couru dans les montagnes, les autres ont fui au Cameroun ou vers Yola", la capitale de cet Etat, a précisé M. Kamale.

"Les corps jonchent le sol des villages" aux alentours de Michika, "désertés par les gens, à cause des attaques".

Plus au nord de Michika, le groupe islamiste a lancé deux attaques, dimanche, à Maiduguri, la capitale de l'Etat de Borno, et sur la ville de Monguno.

A Maiduguri, l'armée a pu repousser l'attaque. Mais avec la chute de Monguno, qui abrite une base militaire, à quelques 130 km au nord-est de là, Maiduguri, qui abrite plus de deux millions d'habitants, est de plus en plus encerclée.

L'insurrection islamiste a fait plus de 13.000 morts et 1,5 million de déplacés au Nigeria en six ans.