Bombardements et violents combats près de Damas

AFP Publié le - Mis à jour le

International

De violents combats opposaient jeudi les soldats aux rebelles dans les environs de la localité de Daraya près de Damas, où une mère et ses quatre enfants ont été tués, alors que la ville d'Alep était soumise à des bombardements, selon des militants. Selon un bilan provisoire de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 39 personnes ont péri dans les violences jeudi à travers la Syrie, où 19 cadavres ont par ailleurs été découverts dans la localité de Maadamiyat al-Cham près de Damas, et à Kafar Soussé, un quartier de la capitale.

La ville de Daraya, située 7 km au sud de Damas, est soumise à un violent bombardement aux obus de chars déployés à plusieurs barrages aux alentours de la ville que les troupes du régime tentent de prendre d'assaut, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Les rebelles tentent de défendre la localité et des combats violents avaient lieu au tour de Daraya, selon la même source.

Une mère et ses quatre enfants qui avaient fui les violences dans la localité voisine de Maadamiyat al-Cham ont péri dans les bombardements, a poursuivi l'ONG. Des affrontements avaient également lieu dans le quartier de Hajar al-Assouad à Damas, également soumis à des bombardements de l'armée. Des rebelles ont lancé une attaque contre un barrage tenu par les militaires sur la route Deraa-Damas faisant "au moins dix morts ou blessés", selon l'ONG.

Dans la province de Damas, la localité de Rankous était la cible de tirs d'artillerie. A Alep, la grande métropole du Nord, l'armée syrienne, appuyée par des chars et l'aviation, a bombardé plusieurs quartiers rebelles et livré combat aux insurgés dans la ville ravagée par plus d'un mois de combats, selon des militants anti-régime.

Les quartiers de Sakhour, Tarik Al-Bab, Boustane al-Qasr et Al-Chaar ont été pilonnés tôt le matin et des combats ont eu lieu à Salaheddine, principal bastion rebelle, de même qu'à Seif al-Dawla, Souleimane al-Halabi et Hamdaniyé, a précisé l'OSDH. Armée et rébellion avaient toutes deux affirmé avoir gagné du terrain à Alep, où l'armée avait lancé le 8 août une offensive pour déloger les rebelles de cette ville dont le contrôle est crucial pour les deux parties.

Dans la province d'Idleb (nord-ouest), la localité d'Ariha était soumise à un violent bombardement mené par des hélicoptères des troupes du régime, alors que dans la province de Hama (centre), cinq personnes ont été tuées lors de perquisitions menées par les troupes dans le village de Chizer, de même source. Depuis le début en mars 2011 de la contestation qui a depuis pris une tournure violente face à la répression menée par le régime, plus de 23.000 personnes ont péri selon l'OSDH.

L'armée syrienne a repris les quartiers chrétiens du vieux Alep

L'armée syrienne a repris aux rebelles les quartiers chrétiens du centre historique d'Alep, la grande métropole du Nord, selon des habitants jeudi. Les insurgés, qui s'étaient emparés d'une partie des quartiers chrétiens d'Alep, ont été chassés de Telal, Jdeidé et Sleimaniyé, très fréquentés avant le début du conflit en mars 2011 par les touristes attirés par les restaurants et les magasins d'artisanat, a raconté un habitant. "Les combats de lundi et mardi ont été très violents et ont duré de très longues heures avant que l'armée ne parvienne à déloger les rebelles, procédant à l'arrestation de quelques dizaines d'entre eux", selon ce témoin qui n'a pas voulu donner son nom. L'agence officielle syrienne Sana a indiqué que la défense civile et "les entreprises publiques ont été dépêchées immédiatement pour faire les réparations nécessaires et ramener ces quartiers à la vie normale après les avoir nettoyés des terroristes". Selon un habitant et une source de sécurité, après que les rebelles eurent été délogés, les habitants ont constitué des "comités populaires" pour les empêcher de revenir. Selon le chercheur Fabrice Balanche, Alep compte 2,7 millions d'habitants dont 10% environ, sont des chrétiens. La moitié d'entre eux sont des Arméniens. Le reste sont des Syriaques et des Grecs Catholiques. Il y a des maronites aussi. Une grande partie du clergé chrétien a affiché son soutien au président Bachar al-Assad, confronté depuis 17 mois à une révolte.

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