International

Un tribunal a annulé lundi la suspension de l'enregistrement au Brésil de tout nouveau produit à base de glyphosate, très controversé et largement utilisé dans les désherbants dans la première puissance agricole d'Amérique latine.

Saisi par le gouvernement, le tribunal a annulé une décision de justice suspendant le mois dernier dans un délai de 30 jours, au 3 septembre, "l'enregistrement de tous les produits" contenant du glyphosate, en attendant que l'agence brésilienne de veille sanitaire (Anvisa) procède à leur "réévaluation toxicologique".

"Rien ne justifie la suspension de l'enregistrement de produits (...) contenant du glyphosate de façon aussi brutale, sans l'analyse des graves conséquences de cette mesure sur l'économie du pays et la population en général", a affirmé le juge Kassio Marques, du tribunal d'appel TRF1, dans sa décision judiciaire publié lundi.

Le Brésil utilise une grande quantité de désherbants au glyphosate, notamment dans ses plantations de soja, dont il est le premier exportateur mondial.

Le 10 août, Monsanto, qui vient d'être racheté par l'allemand Bayer, a été condamné à payer 290 millions de dollars de dommages à un jardinier américain atteint d'un cancer après avoir utilisé le désherbant RoundUp, même si le groupe continue de nier tout lien du produit avec la maladie.

"Cette décision est une très bonne nouvelle pour les cultivateurs brésiliens, qui comptent sur les désherbants au glyphosate pour contrôler l'apparition de mauvaises herbes et cultiver leurs champs de façon sûre et efficace", a réagi dans un communiqué Liam Condon, président du département de technologie agricole de Bayer.

Le glyphosate, qui fait l'objet d'études et de décisions contradictoires depuis de nombreuses années, est autorisé dans une centaine de pays.