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Le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson a jeté le doute quant à la position britannique sur la question irlandaise dans les négociations sur le Brexit, évoquant dans une lettre obtenue par Sky News le possible retour d'une forme de frontière "dure". "Il est faux de considérer que la tâche consiste à ne maintenir +aucune frontière+", écrit M. Johnson, partisan d'un Brexit sans concession, dans ce document de travail adressé à la Première ministre Theresa May et cité par la chaîne d'information britannique.

Alors que Londres a affirmé ne pas souhaiter le rétablissement d'une frontière "dure" entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande voisine, le ministre semble au contraire ouvrir la voie à une telle possibilité, minorant son éventuel impact sur les relations commerciales.

"Même si une frontière dure est réintroduite, nous nous attendons à ce que plus de 95 % des marchandises passent la frontière (sans) contrôles (douaniers)", écrit-il, estimant que la perception de l'importance des contrôles aux frontières extérieures de l'UE était "exagérée".

Cette position apparaît comme un revirement pour Boris Johnson, qui a affirmé à plusieurs reprises qu'il ne voulait pas du retour d'une frontière "dure" entre l'Irlande et l'Irlande du Nord.

Sollicité à ce sujet, un porte-parole de Downing Street a refusé de commenter des "fuites" dans la presse.

L'ancien vice-Premier ministre conservateur Michael Heseltine ne s'est en revanche pas privé, estimant que la lettre trahissait un "niveau remarquable de duplicité" de la part du ministre des Affaires étrangères.

Londres et Bruxelles sont parvenus en décembre à un accord préliminaire sur plusieurs questions clefs, dont celle de la frontière irlandaise, et l'exécutif britannique s'était engagé à éviter le rétablissement d'une frontière physique après la sortie de l'UE.

Mais le règlement de la question n'est pas encore acquis et se heurte à la volonté du Royaume-Uni de quitter le marché unique et l'union douanière.

Cette fuite dans la presse intervient alors que l'Union européenne publie mercredi sa première version du traité scellant le Brexit.