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Le Royaume-Uni traîne des pieds pour négocier son divorce avec l’Union européenne, tandis que les Vingt-sept s’impatientent. Il a fallu attendre l’été pour que Londres mette certaines de ses positions par écrit. Ces "position papers" présentent plutôt sa vision de sa relation future avec l’UE, plutôt que ses propositions quant aux termes du divorce. D’aucuns suspectent le Royaume-Uni de faire diversion pour ne pas abattre ses cartes trop vite. Mais pour Fabian Zuleeg, directeur du think tank European Policy Centre (EPC), "ceci est une question de politique interne britannique".

L’UE dit que le temps presse, mais Londres en est-il conscient ?

Le gouvernement britannique est en train d’explorer les scénarios acceptables pour ses électeurs et les différentes factions au sein du Parti conservateur (au pouvoir, NdlR). Les Britanniques ne peuvent pas par exemple s’accorder sur le montant à payer à l’UE, sans montrer en même temps qu’ils sont parvenus à obtenir un certain accès au marché européen. Ce n’est pas une stratégie destinée à essayer de tirer le meilleur parti des négociations, mais le résultat d’une situation gênante pour le gouvernement britannique.

Cette semaine, les Britanniques vont faire une "présentation orale" au sujet du règlement financier du divorce, sans fournir de document écrit. Est-ce judicieux d’éviter ce sujet ?

Du point de vue de la stratégie de négociation, ce n’est pas constructif. L’UE a prévenu qu’elle ne parlera pas des relations futures avec Londres s’il n’y a pas de progrès suffisant sur les aspects du divorce, donc de l’Article 50. Mais encore une fois, du point de vue du Parti conservateur, cette question est très polarisante. Il y a les partisans d’une ligne dure qui estiment que le Royaume-Uni ne devrait rien payer. Il y en a qui pensent que le Royaume-Uni ne devrait payer la facture que s’il obtient un accord commercial de la part de l’UE. Et puis il y a ceux qui envisagent de payer un certain montant inférieur à ce que l’UE demande.