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Le Belge Didier Seeuws a été nommé négociateur en chef de l'UE pour mener à bon port la procédure de sortie du Royaume Uni de l'Union européenne, a-t-on appris samedi dans les milieux diplomatiques à Bruxelles. Didier Seeuws dirigera la "Brexit Task Force" au sein du conseil des ministres européens, où sont représentés les Etats membres de l'Union.

M. Seeuws a été le chef de cabinet d'Herman Van Rompuy, le premier président permanent du Conseil européen, jusqu'à la fin du mois de novembre 2014, date de la fin du second mandat de M. Van Rompuy.


Portrait

Ce Gantois, au physique de cycliste affûté, père de deux enfants (déjà universitaires), est né à Mont-Saint-Amand, le 1er août 1965. En tant que chef de cabinet du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, il avait succédé à Frans Van Daele, devenu désormais chef cabinet du roi. Tout un symbole.

Au début du siècle, ce même Frans Van Daele, à l’époque représentant permanent de la Belgique auprès de l’Union, avait repéré le potentiel du jeune diplomate. Lui furent confiées les relations avec le Parlement européen, lors de la présidence belge de l’Union de 2001. Tâche dont il s’acquitta avec un zèle qui lui valut d’attirer l’attention d’éminences politiques. Dont celle de "Numero uno" Verhofstadt, qui en fit le porte-parole du 16 rue de la Loi, de 2003 à 2007. De sa proximité avec l’alors Premier ministre bleu, on a déduit que Didier Seeuws était étiqueté Open VLD. Mais d’autres le rangent plutôt du côté du CD&V, dont sont issus, tiens, tiens, Van Rompuy et Van Daele.

En 2007, Didier Seeuws remonte la rue la Loi jusqu’au 61-63 pour endosser les fonctions de Représentant permanent adjoint (de Jean de Ruyt) auprès de l’Union. Au Coreper I (où les ambassadeurs des Etats membres négocient les projets de lois avant leur passage au Conseil), ce gros bosseur fait valoir sa fine connaissance des dossiers techniques, dont le plan énergie-climat. Mais aussi son flair politique. "Il est créatif et très fort tactiquement. Il sait se mettre à la place de chaque acteur et voit de suite où sont les possibilités d’accord à court et long terme", glisse une source belge.

Précieux, alors que la Belgique se prépare à prendre la présidence tournante de l’Union en 2010. Didier Seeuws contribuera à son succès. Le pays ne lui en sera guère reconnaissant. Il brigue le poste d’ambassadeur auprès de l’Organisation de coopération et de développement économiques, à Paris. Mais ni l’Open VLD, ni le CD&V ne l’appuient. Il fait circuler dans les milieux européens son intention de changer d’air. Notamment auprès d’un certain Frans Van Daele, chef cab’ de Van Rompuy C’est cette fois au 165 rue de la Loi que Didier Seeuws prend ses quartiers, en avril 2011, comme conseiller spécial du président. Avec la perspective de succéder à son mentor.