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Aucune nouvelle infrastructure ni aucun contrôle - pas même une caméra - ne seront acceptés à la frontière entre l'Irlande et l'Irlande du Nord à la suite du Brexit, a martelé jeudi le Premier ministre irlandais Leo Varadkar, qui recevait à Dublin son homologue belge Charles Michel. Les deux chefs de gouvernement de l'UE ont appelé la Première ministre britannique Theresa May à soumettre rapidement une solution concrète à cet épineux problème de la frontière nord-irlandaise.

"Nous avons convenu en décembre avec le gouvernement britannique qu'il n'y aurait pas de frontière dure. Cela signifie: pas d'infrastructure, pas de point de contrôle. Si l'une ou l'autre formule technologique - par exemple des caméras - devait être proposée, nous ne pourrions l'accepter, ce serait à nos yeux la manifestation physique d'une frontière", a déclaré M. Varadkar.

Dublin attend une proposition britannique pour le sommet européen de fin juin, si Londres veut sortir de l'Union douanière de l'UE sans frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du nord, nation constitutive du Royaume-Uni.

Les dernières semaines ont été riches en pistes de réflexion, comme un partenariat par lequel les Britanniques continueraient de percevoir et transférer les droits de douane sur les biens destinés au marché européen, ou une seconde période transitoire jusqu'en 2023 pour les Britanniques, dans l'attente d'une solution de haute technologie, pour maintenir les tarifs douaniers européens et continuer à se conformer à la réglementation européenne sur les biens industriels.

Le "Taoiseach" (chef du gouvernement irlandais) n'a pas voulu se prononcer jeudi sur l'opportunité d'une nouvelle période transitoire après celle déjà convenue jusqu'en 2020. Il espère un accord pour octobre.

M. Varadkar a remercié la Belgique pour le soutien qu'elle lui a apporté à travers la visite de son Premier ministre Charles Michel, plus tôt dans la journée, à la frontière entre l'Irlande et l'Ulster. Il insiste sur les conséquences potentiellement néfastes de cette question sur l'économie et le processus de paix nord-irlandais.

"Nous confirmerons notre soutien dans les prochaines semaines et les prochains mois, c'est important pour la paix et la stabilité, et c'est aussi la traduction dans les faits des valeurs européennes", a commenté M. Michel, alors que la crainte existe dans l'opinion publique irlandaise de voir les autres Etats-membres accepter d'importantes concessions au Royaume-Uni dans les dernières heures des négociations à venir.

La Belgique et l'Irlande partagent, dans les négociations avec Londres, des intérêts communs dans des domaines comme la pêche et le commerce. Le Royaume-Uni constitue en outre un partenaire commercial particulièrement important pour les deux pays, par rapport à d'autres membres de l'Union.

D'autres points communes les rapprochent: Belgique et Irlande, toutes deux membres de la zone euro, partagent le même positionnement dans les négociations commerciales avec le Mercosur (le marché commun d'Amérique latine) pour la protection de leurs éleveurs de viande de bœuf, et tentent de placer le numérique plus haut à l'agenda européen.