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La Première ministre britannique Theresa May a évité mardi de justesse une défaite qui aurait été lourde de conséquences, avec le rejet au Parlement d'un amendement contraire à ses objectifs sur le Brexit, défendu par des rebelles pro-UE de son camp conservateur. Cet amendement "18" au projet de loi sur les relations commerciales après le Brexit ("Trade Bill") stipulait qu'en l'absence d'accord avec l'UE sur la création d'une zone de libre échange pour les biens, un des objectifs visés par Theresa May, le gouvernement aurait dû chercher à rester dans une union douanière, ce qui va en revanche à l'encontre de ses projets.

Présenté par des rebelles pro-UE du parti conservateur, l'amendement avait reçu le soutien de membres de l'opposition travailliste, une alliance témoignant des divisions qui agitent la classe politique britannique sur la question de la sortie de l'Union européenne.

Le gouvernement a frôlé la catastrophe, le texte n'ayant été rejetée que par 307 voix contre 301. Le projet de loi sur les relations commerciales a lui été adopté dans la foulée par 317 voix contre 286, et doit maintenant être examiné par les Lords, la chambre haute du Parlement britannique.

Ce texte vise à mettre en place un cadre réglementaire pour faciliter la conversion des accords commerciaux de l'UE en accords bilatéraux entre Royaume-Uni et pays tiers. Concrètement, il doit permettre d'éviter tout vide juridique au jour du Brexit, le Royaume-Uni retrouvant alors ses pleins pouvoirs en matière commerciale, jusqu'ici délégués à l'UE.

Les débats sur l'amendement "18" ont donné lieu à des échanges tendus entre les conservateurs. Selon un journaliste de la chaîne Sky News et un député travailliste, les tories europhiles ont fait l'objet de "menaces" formulées par les "Whips", les députés chargés de faire respecter la discipline au sein des partis.

Les conservateurs pro-UE étaient particulièrement remontés après l'adoption lundi d'un autre projet de loi lié au Brexit, portant sur l'organisation des douanes, voté au prix de concessions accordées aux eurosceptiques.