"C'est l'inculpé du jour!": L'arrestation d'un proche de Mariano Rajoy cache un "PP en décomposition"
- Publié le 20-04-2017 à 09h25
- Mis à jour le 20-04-2017 à 11h30

L'ex-président de la région de Madrid, membre du parti du Premier ministre, a été arrêté, ce mercredi. "C'est l'inculpé du jour !", s'est moqué Albert Rivera, chef de file de Ciudadanos (C's, libéral) se référant à Ignacio González, ex-président de la région madrilène (jusqu'en 2015). Ce dernier est membre du Parti populaire (PP) - du Premier ministre conservateur Mariano Rajoy. Ignacio Gonzalez a été placé en détention mercredi matin sous les chefs d'accusation de prévarication, blanchissement d'argent, fraude et organisation criminelle. Selon les accusations du juge Eloy Velasco, une douzaine d'autres personnes arrêtées hier semblent avoir collaboré avec Ignacio González dans des délits liés à la gestion du Canal Isabel II, l'entreprise publique des eaux de Madrid.
Ignacio González a succédé à la "Dame de fer madrilène", Esperanza Aguirre, en 2012, pour poursuivre sa ligne de privatisations. Les démarches préalables du plan de privatisation du Canal avaient débuté à l'époque d'Esperanza Aguirre. Plus tard, cette privatisation des eaux a été bloquée par une série de mesures politiques et légales. Mais entre-temps le modèle avait été "exporté" vers l'Amérique latine où Canal Isabel II avait acheté une vingtaine de sociétés travaillant dans le même domaine de la distribution des eaux.
Pourtant, petit à petit, et autour de cette démarche internationale, des dénonciations graves de corruption et de mauvaise gestion ont surgi - surtout en Colombie, au Panama et au Brésil - déclenchant des procédures judiciaires et une commission parlementaire dans la région de Madrid.
Ignacio González avait déjà été écarté par son parti
A la veille des dernières élections régionales (mai 2015), le PP et le Premier ministre Mariano Rajoy avaient écarté le renouvellement de candidature pour M. Ignacio González parce que celui-ci faisait déjà l'objet, à l'époque, d'une autre enquête sur la manière obscure dont il était devenu propriétaire d'un luxueux appartement situé dans la côte de Malaga. Dans cette affaire, Ignacio González est accusé par un autre juge d'instruction d'avoir acquis son appartement du Sud à travers un prête-nom domicilié aux Etats-Unis, ainsi que d'avoir payé des dessous-de-table à ce citoyen américain qui a reconnu quelque temps plus tard n'être en fait qu'un simple locataire de l'appartement.
L'actuelle présidente de la région de Madrid, Cristina Cifuentes (également membre du PP), a déclaré avoir envoyé aux juges des indices des délits de son prédécesseur. Pour le Parti populaire, c'est une preuve de sa détermination actuelle de lutter contre toute forme de corruption. Pour les autres partis, par contre, cette saga démontre que "le PP est en décomposition dans la région de Madrid". Les affaires de corruption sont devenues une routine touchant divers partis (à droite et à gauche), mais spécialement les conservateurs. Et Ignacio González n'est que le dernier d'une liste d'anciens élus sous suspicion, inculpation ou - tout simplement - derrière les barreaux.